Il y a de ces nouvelles qui frappent l’imaginaire. L’annonce du départ à la retraite de Michel Thibault en fait partie. Que ce soit ses collègues ou ses fidèles lecteurs des 30 dernières années, peu croyaient qu’il quitterait Le Soleil de Châteauguay si tôt tant sa passion pour son travail était vive.
Ceux qui ont croisé sa route savent à quel point Michel adore raconter des histoires. Les siennes ou celles des autres. Après 12 ans dans la même salle de rédaction, je peux vous dire que je connais certaines d’entre elles par cœur. Même s’il radotait un peu à l’occasion, je l’écoutais quand même parce qu’il le faisait toujours avec cette étincelle dans les yeux.
Tout comme lorsqu’il partait dans ses élans créatifs, philosophiques ou critiques, alors qu’on discutait d’idées de sujets qu’on pourrait aborder dans le journal. D’ailleurs, lors des réunions d’équipe, il fallait une éternité à Michel pour présenter sa liste de sujets potentiels, tant elle était longue. Éternel optimiste, il avait espoir de pouvoir traiter ses 42 sujets importants du jour.
Avec Michel, sky is the limit! C’est le nombre d’heures dans une journée qui n’étaient pas suffisantes pour tout faire.
Il aura été un modèle pour une nouvelle génération de journalistes qui sera passée par Le Soleil de Châteauguay. Sa magnifique plume, son sens aiguisé de la nouvelle, son abus occasionnel des jeux de mots font de lui un journaliste d’exception.
Je me considère d’ailleurs privilégiée d’avoir eu Michel Thibault comme mentor. À mon arrivée en 2009, j’avais ce cliché du rédacteur en chef intransigeant qui pouvait déchirer ton texte dans ta face et te dire de recommencer. C’est tout le contraire que j’ai découvert dans sa salle de rédaction. Calme, patient, diplomate; Michel a toujours pris le temps de m’expliquer, de me rassurer sur ce métier qui n’est pas toujours facile.
Son émerveillement et son intérêt pour les sujets qui reviennent chaque année me fascinent. Sa sensibilité, son souci de raconter les histoires des gens de son milieu sont aussi inspirants. C’était extrêmement motivant de travailler avec lui.
Chers lecteurs, il est possible que vous remarquiez la signature de Michel Thibault dans nos éditions papier des prochaines semaines, même s’il quitte officiellement ce vendredi. Comme il écrivait plus vite que son ombre, il arrivait régulièrement (en fait tout le temps!) qu’on n’ait pas l’espace suffisant dans le papier pour tout publier la même semaine.
Mon cher Michel, ces prochains mots s’adressent à toi. J’espère du plus profond de mon cœur que tu profiteras de ce temps précieux avec ta Dulcinée, que tu réussiras à déprogrammer ton cerveau, un peu, pour qu’il soit moins en mode radar et recherche de nouvelles. Tu mérites la plus belle des retraites, toi qui as travaillé sans relâche pendant toute ta carrière.
Merci pour tout.

