Une dizaine de camionneurs ont bloqué une voie du boulevard Saint-Jean-Baptiste à Châteauguay devant le bureau du député Pierre Moreau, lundi en matinée, pour protester contre les changements dans le monde du courtage.

L’action organisée par l’Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI), avait pour but de contester la remise en question du ministère des Transports du Québec concernant l’encadrement du camionnage en vrac.

«On est un peu comme dans la même situation qu’Uber et l’industrie du taxi» allègue Sylvain Bourassa, courtier en transport autorisé par le MTQ du secteur de Beauharnois-Salaberry et Châteauguay-Huntingdon. Les camionneurs artisans et de petites entreprises détiennent un permis de courtage, souvent payé à fort prix, entre 2000 $ et 20 000 $, selon la région et l’emploi disponible. Ils sont régis par la Commission des Transports du Québec (CTQ).  Le hic, c’est que des camionneurs qui ne détiennent pas de permis et qui ne sont pas surveillés par la CTQ peuvent faire des affaires sur les chantiers du Québec, selon l’Association.

L’Association nationale des camionneurs artisans inc. se dit victime de concurrence déloyale et d’une augmentation du courtage illégal fait par des compagnies de transports qui, selon son porte-parole, coupent dans les prix pour décrocher les contrats. Elle reproche au gouvernement un manque de surveillance et de ne pas faire respecter la règlementation.

Le règlement sur le courtage en service de camionnage en vrac vient à échéance en mars 2017. Les camionneurs espéraient donc faire de la pression pour revendiquer leurs droits dans les marchés publics pour le courtage, tout en maintenant la valeur de leur permis. M. Bourassa soutient que les permis empêchent la corruption sur les chantiers.

Le transport en vrac représente 500 millions de dollars, et pour l’ANCAI, il est primordial que «toutes les transactions entre donneur d’ouvrage, entrepreneurs et les camionneurs soient écrites et audités tout en étant placées sous la surveillance de la CTQ» écrit-elle dans une lettre adressée au député de Châteauguay.