Les loyers des logements sociaux sont inférieurs à ceux du marché privé et ils progressent aussi plus lentement.

C’est le constat que fait Martin Bécotte, directeur de la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie, à la lueur des pratiques en cours dans le regroupement et une enquête de la SCHL sur les logements locatifs couvrant les années 2010 à 2017.

Martin Bécotte

Au cours de cette période, les loyers des logements sociaux dans les villes de la région ont généralement reculé par rapport au loyer médian du marché, a-t-il démontré, statistiques à l’appui.

Il a cité en exemple un immeuble à logements social construit à Mercier en 2009. «En 9 ans, malgré que nous ayons augmenté les loyers, depuis, selon les recommandations de la régie, les loyers de ce projet sont passés de 95% du loyer médian à 84%, démontrant les augmentations importantes des propriétaires dans le marché privé», a-t-il exposé.

Même phénomène du côté d’un immeuble de 52 logements sociaux à Châteauguay, selon des statistiques compilées par M. Bécotte. À 539 $, en octobre 2010, le loyer d’un 4 ½ se situait à 90 % du prix médian de l’ensemble des logements. En 2017, le loyer atteignait 586 $ correspondant à 84 % du prix médian.

Plus pour le reste

Parlant de l’organisme à but non lucratif SOLIDES, propriétaire de 340 unités de logement à Châteauguay, Martin Bécotte ajoute : «Si SOLIDES avait suivi la logique du marché, elle aurait 700 000 $ en revenus de loyer de plus qu’avant. C’est 700 000 $ qui restent dans les poches des locataires à Châteauguay, qui restent dans l’économie de Châteauguay», fait-il valoir.

Spéculation

Comment expliquer la progression plus rapide des loyers dans le secteur privé ? «Nous avons des objectifs opposés. L’objectif des OSBL est de couvrir leurs frais d’exploitation et l’hypothèque. Les propriétaires privés veulent faire des profits sur les loyers. Aussi, ils augmentent les loyers pour obtenir un meilleur prix de vente. Plus les loyers sont élevés, plus un immeuble a de la valeur», expose Martin Bécotte.

1,35 %

La Régie du logement a récemment rendu public son «outil de calcul 2018 pour la fixation du loyer». En l’utilisant, l’augmentation pour un immeuble social de 24 logements à Mercier a été fixée à 1,35 % au 1er juillet 2018, soit 7 $ par mois pour un logement d’une chambre, fait part Martin Bécotte. «L’OSBL a dépensé 50 000$ en entretien et travaux (immobilisation) cette année», précise-t-il.

Pour les intéressés : Outil de calcul de fixation de loyer 2018 de la Régie du logement

Compilation Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie