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Logement: la crise vécue par les organismes communautaires

le mercredi 26 mars 2025
Modifié à 16 h 36 min le 25 mars 2025
Par Marie-Josée Bétournay, Initiative de journalisme local

mjbetournay@gravitemedia.com

La directrice générale du Quartier des Femmes, Gabrielle Juneau. (Photo : Le Soleil – Denis Germain)

La crise du logement… ces mots sonnent dans la tête des locataires à la recherche d’un appartement. Elle sévit également chez les organismes communautaires en quête d’un local où poursuivre leur mission.

«La crise du logement provoque la même surenchère pour les locaux commerciaux que pour les logements résidentiels», précise Virginie Bernier, agente de mobilisation à la Corporation de développement communautaire Roussillon. Au moment de renouveler leur bail, les organismes entrevoient peu de solutions, poursuit-elle. «Il faut soit absorber ces hausses ou se relocaliser.»

Absorber les hausses

Le directeur général de l’organisme Action sur la violence et intervention familiale (AVIF), à Châteauguay, en sait quelque chose. Locataire d’un espace dans un immeuble du boulevard Pierre-Boursier depuis une quinzaine d’années, Nycolas Renault verra son bail passer de 10 $ le pied carré à son arrivée à 20 $ le pied carré le mois prochain. M. Renault a versé le montant de son loyer au même propriétaire jusqu’en avril 2024, excluant les frais afférents comme l’électricité. En avril, au moment de la vente de l’immeuble, l’organisme a dû assumer ces frais. «C’est une augmentation de 25 % en avril et mai 2024», indique M. Renault.

En juillet, l’immeuble a été vendu une seconde fois. Le coût de la location est demeuré le même depuis. AVIF occupera les lieux jusqu’en avril 2027; le temps de songer à une alternative. «Entre ce que l’on payait le 1er avril 2024 et ce que nous paierons le 1er avril 2025, il y aura une augmentation des coûts de 60 %», estime M. Renault. Selon le directeur général, le tarif de 20 $ le pied carré se voit partout sur le marché de la location.

Si relocalisation il y a, en 2027, AVIF souhaite s’établir dans un espace suffisamment spacieux pour aménager des locaux sécuritaires à la fois pour les intervenants et la clientèle, des hommes et adolescents désirant cesser l’utilisation de comportements violents, des hommes vivant de la violence ou en difficulté. Le bail s’avère «un gros poste budgétaire» pour l’organisme qui ne bénéficie pas de subventions, mais d’un financement «très limité depuis 2021».

Se relocaliser

À l’inverse de l’organisme AVIF, le Quartier des Femmes à Châteauguay a été contraint de se relocaliser en 2022. L’immeuble qui l’abritait appartient à la Ville de Châteauguay. L’administration municipale en a repris possession pour y aménager la cour municipale au 71, rue Principale.

«On a été contactés par la Ville vers juin-juillet 2022 nous demandant de quitter les locaux pour relocaliser la cour municipale», explique Gabrielle Juneau, directrice générale du Quartier des Femmes. En septembre 2022, l’organisme voué à «l’amélioration des conditions de vie et du pouvoir d’agir des femmes dans toute leur diversité» a loué la maison située au 70, rue Salaberry Sud, à Châteauguay. Un coup de chance, selon Mme Juneau. «Les locaux étaient libres, il y a eu la signature rapide du bail et le déménagement en octobre», relate-t-elle.

La relocalisation a toutefois engendré la coupure d’un poste pour parvenir à payer les frais de location. Comme le directeur général d’AVIF, Nycolas Renault, Gabrielle Juneau s’est heurtée à des tarifs de location plus élevés; la Ville assumant les frais afférents comme l’électricité.

La directrice générale explique avoir réussi la relocalisation en raison de la capacité financière de l’organisme. Le Quartier des Femmes souhaitait devenir propriétaire. «Si on avait pu éviter de louer pendant deux ans des locaux [à la suite du départ de la rue Principale], on aurait eu encore plus d’argent plutôt que d’acheter directement», souligne-t-elle. En janvier, le Quartier des Femmes est passé de locataire à propriétaire de la maison.

La maison, vieille de 110 ans, demandera avant longtemps des réparations. «Certaines fenêtres doivent être changées, il y aura des travaux de maçonnerie, de la fondation. Mais la maison n’est pas en train de s’affaisser », précise la propriétaire.

Cet investissement immobilier apportera des dollars supplémentaires dans les coffres de l’organisme. «On va avoir accès à des subventions pour les travaux. Un organisme propriétaire a la possibilité d’avoir des exemptions de taxes», mentionne-t-elle.

Achat d’un immeuble collectif

Une solution à la crise du logement pour les organismes communautaires : l’achat d’un immeuble collectif. La Corporation de développement communautaire Roussillon travaille à ce dossier depuis quelques années. Ce type de projet peut s’échelonner sur une période de 5 à 15 ans, réalise l’agente en mobilisation de la CDC Roussillon à la suite de discussion avec des organismes via LOCO Montréal, une plateforme de ressources en immobilier communautaire.

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