La consigne ministérielle demandant le transfert de spécialistes des CLSC vers les Groupes de médecine familiale (GMF) ne plaît pas à ces mêmes spécialistes, qui craignent une baisse significative de service pour une partie de la population.
Ils sont actuellement six professionnels (travailleurs sociaux, ergothérapeutes, physiothérapeutes et nutritionnistes) à desservir les quatre CLSC de la région Jardin-Roussillon (dont fait partie le CLSC de Châteauguay). D’ici décembre, la majorité d’entre eux devront aller travailler dans un GMF. «Pour nous, ça veut dire passer de six spécialistes à un et demi d’ici décembre», expose Vanessa David, vice-présidente exécutive locale pour l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).
Selon elle, la moyenne d’attente pour un adulte qui veut consulter un spécialiste varie actuellement entre six mois et un an. Après le déplacement de personnel, ce délai pourrait atteindre trois ans. «Pour ceux qui auront un médecin dans un Groupe de médecine familiale, la question ne se pose pas, mais pour ceux qui n’en ont pas, l’accessibilité aux services sera très réduite en CLSC, alors que le mandat de ceux-ci est d’intervenir le plut tôt possible pour éviter l’aggravation d’un problème», soutient la représentante.
L’APTS reproche aussi au ministre de la Santé un manque d’organisation dans l’orchestration de ce déplacement. «On ne sait pas trop ce qui arrivera avec nos clients qui sont actuellement sur les listes d’attente», déplore Mme David.
Seules les équipes de suivis généraux pour adultes seraient touchées. Les équipes offrant des services aux personnes ayant une déficience physique ou intellectuelle, ainsi que les équipes d’intervention auprès des jeunes et des 0-5 ans resteraient intactes.
Sensibilisation de la population
Pour partager leurs inquiétudes et sensibiliser la population aux impacts possibles de ce transfert de personnel, des membres de l’APTS ont manifesté simultanément devant plusieurs CLSC le 21 juin à l’heure du lunch. Devant le CLSC de Châteauguay, ils étaient une trentaine à brandir le drapeau de leur Alliance et des pancartes où l’on pouvait lire : «J’aime mon CLSC».
