Mireille Deyglun incarnera Élizabeth Proctor dans l’adaptation théâtrale, Les Sorcières de Salem, présentée le vendredi 18 mars, à la salle du Pavillon de l’île de Châteauguay. Entretien avec la comédienne.

À l’âge de 20 ans, elle avait déjà joué le personnage Abigaïl qui se prête naïvement aux jeux de sorcellerie pour récupérer l’homme qu’elle aime. Pour cette fois-ci, la comédienne sera dans la peau d’Élisabeth Proctor du récit américain d’Arthur Miller.

Est-ce que vous croyez à ces légendes de sorcière?

«La sorcellerie, il y en avait à l’époque. Ça existe encore et dans la pièce, il y a même un exemple de vaudou. Même au 17e siècle, c’était très fort et c’est terrible. C’est Abigaïl qui fomente tout ça et qui se dit victime, mais c’est elle qui l’invente. Elle sait exactement comment faire peur à tous les membres du village. Dans certaines sociétés, cela existe encore et existera toujours. Bon, est-ce que moi j’y crois? Je n’aime autant ne pas m’approcher de trop près de tout ça. C’est vraiment un monde qui me fait peur.»

Quel est votre rapport à la sorcellerie?

«Mon dieu, c’est toute une question! Savez-vous que moi, quand j’étais adolescente, le film The Exorcist était sorti et ça m’a beaucoup troublée. Je ne l’ai pas vu parce que j’étais beaucoup troublé par les esprits. Moi, j’aurais tendance à y croire. […] Mais, Les Sorcières de Salem, c’est dans un tout autre ordre dans la mesure où c’est une histoire inventée. C’est vraiment Abigaïl qui fait croire à tout ce village qu’il y a des sorcières pour se venger de ce qu’elle a vécu avec son patron et c’est terrible! C’est une pièce sur la rumeur et l’intimidation.»

À quoi devraient s’attendre les spectateurs de la pièce?

«Comme c’est une pièce où le metteur en scène Martin Lavigne a fait des coupures, mais très ingénieuse, parce que c’était une pièce qui durait à l’époque près de trois heures. Au lieu d’avoir 23 personnages, il y en a 12. C’est une action très concentrée. En fait, tu t’assois et c’est comme un tsunami. C’est quatre actes qui passent de la vitesse de l’éclair en ayant tous les éléments. C’est tellement une histoire épouvantable que les gens nous disent : «On est happé par cette histoire et on n’en revient pas de ce que la nature humaine peut engendrer comme catastrophe.»

 

Quelques faits historiques

En 1692, à Salem Village (aujourd’hui Danvers), quelques jeunes filles, notamment Abigaïl Williams, Ann Putnam et Betty Parris, accusent certains concitoyens de les avoir envoûtées et d’être des sorcières guidées par Satan.

La communauté, assiégée par les Amérindiens et dépourvue de gouvernement légitime, prête foi aux accusations et condamne les personnes mises en cause à avouer les faits de sorcellerie ou à être pendues. Les accusations s’étendent rapidement. En moins de deux mois, les communautés avoisinantes sont touchées. Au total, il y aura eu 19 innocents exécutés, au Massachusetts, aux États-Unis.

(Source et extrait des productions La Comédie Humaine)