J’ajouterais un «8» au Défi Santé 5/30 Équilibre que des milliers de personnes vont relever jusqu’au 11 avril.
Le «5» rappelle de manger un minimum de cinq portions de fruits et légumes par jour. Le «30» correspond au nombre de minutes d’activités physiques quotidiennes prescrit pour garder la forme. Mon «8» représente le nombre d’heures de sommeil dont le corps et l’esprit devraient bénéficier chaque jour.
On parle beaucoup des impacts négatifs sur la santé du tabac, de la mauvaise alimentation et de la sédentarité. On devrait aussi se préoccuper des nuits trop courtes.
En cette époque d’agendas surchargés, plusieurs coupent dans la période allouée aux bras de Morphée pour arriver à tout faire dans 24 heures.
De nos jours, la moitié de la population dort moins de sept heures par nuit, selon des études. C’est insuffisant. Le manque de sommeil peut avoir de graves conséquences. Du nombre : risques accrus de maladie cardiaque, de diabète, d’accidents et d’obésité, sans parler des pertes de concentration, de l’irritabilité et des nuances de cernes autour des yeux.
Il suffit de tomber malade pour constater tous les bienfaits du repos. Garder le lit n’est-il pas le meilleur moyen de venir à bout d’une vilaine grippe ? Le sommeil pourrait même aider à combattre un ennemi encore plus redoutable. Selon une étude menée sur des rongeurs, citée dans le magazine Science et vie de novembre 2014, la mélatonine sécrétée durant le sommeil freinerait la croissance des cellules cancéreuses et améliorerait l’efficacité du tamoxifène utilisé comme traitement.
La durée du sommeil n’est pas le seul facteur à considérer. Ses bienfaits dépendent aussi de sa profondeur. Et ça ne prend pas grand-chose pour le perturber. On peut penser avoir profité d’une bonne nuit réparatrice mais ce ne sera peut-être pas le cas si on a dormi avec une veilleuse.
En effet, selon l’étude mentionnée plus haut, un filet de lumière, «l’équivalent d’un rai sous une porte», peut être néfaste. Les chercheurs ont fait dormir des rats dans le noir total d’un côté et dans un endroit avec un peu de clarté de l’autre. «Chez les rats ayant dormi dans le noir le taux de mélatonine, hormone du sommeil, était 70 fois plus élevé qu’à faible luminosité», lit-on dans la revue.
De bonnes nuits de sommeil de qualité. Si le ministre Barrette veut améliorer la santé de la population et, par le fait même, faire des économies, c’est sur ce clou qu’il doit cogner.
