Les aventures (ou les mésaventures selon le titre) des jumeaux Acarus et Zacarus Dumdell se transposent dans un long métrage d’animation. L’univers d’alchimie et de bonbons farfelus créé par Alessandro Cassa prend une nouvelle vie : un film jeunesse porté par des comédiens du 3e âge qui transcende les générations.

Sept ans de production et quatre ans de tournage ont été requis cette nouvelle œuvre. Le premier roman a été publié en 2012. Le long métrage complète une trilogie de livres jeunesse et un court-métrage primé à l’international et projeté dans une vingtaine de festivals.

Beaucoup de chemin a donc été parcouru pour l’histoire d’Alessandro Cassa, imaginée pour son fils, en 2012.

Un film d’auteur narratif d’animation était toujours dans le coin de sa tête. Mais il y a 10 ans, la technologie ne permettait pas de donner vie à ses personnages comme il l’entendait.

«Ce sont des images numériques selon la technique de rotoscopie, a-t-il précisé. Il y a 485 000 dessins; l’équivalant de la moitié de la hauteur de la tour Eiffel. La postproduction a été folle.»

Des scènes projetées dans des écoles ont déjà suscité des réactions positives auprès des enfants. De quoi annoncer un beau futur pour le film.

NousTV Valleyfield va diffuser le film. La route des festivals est également envisagée, mais l’équipe des Productions du 3 juin n’avait pas d’annonce à faire pour ce qui est de sa 12e production. 

Se faire confiance

Le tapis rouge était déroulé le 30 avril pour la projection du film Les mésaventures des jumeaux Dumdell à la salle Marie-Rose du Centre d’action bénévole de Beauharnois.

Un endroit qui est loin d’être anodin puisque les 23 comédiens ont été recrutés dans ce groupe.

Des acteurs sans expérience qui ont donné vie à la noblesse londonienne du début du 20e siècle.

«La moyenne d’âge des comédiens est 65 ans, a expliqué Alessandro Cassa. C’était un défi à créer. J’ai dirigé les comédiens dans des salles vides, devant des écrans verts et sans son. Ils ont été formidables. Ils sont vraiment la preuve qu’il n’y a pas d’âge pour réaliser vos rêves. Ça se fait par le talent et par le courage.»

Richard Simard a obtenu les rôles des jumeaux Acarus et Zacarus Dumdell. Il avait eu une occasion de jouer il y a 35-40 ans au Cégep pour un cours de français. Il n’avait pas envisagé une seconde chance.

«Louise Lebrun [ancienne directrice du CAB de Beauharnois] m’avait dit qu’elle me verrait dans le projet, a-t-il expliqué. Je suis plutôt effacé et je ne croyais pas y aller. Puis Guylaine Beaudoin des Productions 3 juin m’a appelé pour une réunion et je me suis senti coincé. Le restant a suivi, j’ai passé l’audition et j’ai obtenu les rôles.»

Il parle du film comme un beau projet. Malgré ce qui aurait pu paraître comme un défi technique, le tournage a bien été parce que le réalisateur a agi comme un véritable guide dans un univers qui lui appartient.

«Les gens doivent se faire confiance, insiste M. Simard. Patauger dans l’inconnu, ça peut en faire reculer certains. Mais on a été tellement bien dirigé. Je ressens une belle fierté de revoir le film ce soir. C’est aussi spectaculaire de côtoyer les gens qui ont travaillé sur le film.»

Dumdell, l’exposition

Les jumeaux Dumdell, comme des chats, semblent avoir 9 vies. Après les avoir lus, vus et entendus, ils pourront être admirés dans une exposition à la Maison LePailleur à Châteauguay.

Ce site, qui a accueilli une partie du tournage, va présenter une exposition à partir du mois d’octobre, au cours de laquelle le public pourra voir de près les accessoires et les costumes utilisés dans le film. 

Les mésaventures des jumeaux Dumdell prend vie sous forme d’un film d’animation. (Photo : gracieuseté Productions du 3 juin)