Une quinzaine de facteurs de Postes Canada ont manifesté mardi matin devant le bureau de la députée fédérale Brenda Shanahan.
Les membres de la section locale du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) décrient la loi spéciale forçant leur retour au travail.
Le Sénat a approuvé lundi soir le projet de loi spéciale C-89. Cette loi spéciale avait précédemment été adoptée par la Chambre des communes dans la nuit de vendredi à samedi.
« On nous dit qu’on fait souffrir l’économie canadienne, mais on ne se soucie pas de nos conditions de travail. Les libéraux font exactement comme les conservateurs », a déploré Jean-François Rosa, un facteur de Châteauguay rencontré pendant la tournée de manifestation.
En 2011, les conservateurs avaient également adopté une loi spéciale pour forcer le retour au travail des facteurs.
Dès midi, ce mardi, les facteurs ne pourront plus exercer de moyens de pression, eux qui tenaient des grèves tournantes à la grandeur du pays depuis un peu plus d’un mois.
« On fait notre travail dans des conditions de plus en plus difficiles. On veut un contrat de travail négocié qui a du sens. On en perd de plus en plus année après année », a déclaré Lyne Héneault, représentante syndicale du STTP.
Mme Héneault rappelle que les trois quarts des revendications ne sont pas d’ordre monétaire, mais bien relativement à la santé et sécurité au travail.
Le Syndicat réclamait l’élimination des heures supplémentaires obligatoires et de la surcharge de travail, de meilleures mesures en santé et sécurité au travail en plus d’une équité entre les facteurs ruraux et suburbains.
Les syndiqués voulaient toutefois une augmentation salariale de 3,5 % alors que l’employeur offrait 1,5 %.
Mme Hénault déplore que la population « parlait que des salaires des facteurs ».
Elle indique également que malgré les moyens de pression, les facteurs travaillaient.
En tout, le courrier n’a qu’un jour et demi de retard, dit-elle.
De son côté, le gouvernement fédéral a déclaré par voie de communiqué lundi soir que la loi spéciale était nécessaire pour «protéger l’intérêt public et éviter de nuire davantage à l’économie canadienne ».
« L’arrêt de travail de Postes Canada a eu des répercussions négatives importantes sur les Canadiens, les organismes de bienfaisance, les entreprises de toutes tailles, le commerce international, Postes Canada, ses travailleurs et leur famille. Les Canadiens et les entreprises comptent sur Postes Canada et sur ses travailleurs, surtout pendant la période la plus occupée de vente au détail », a dit la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail, Patty Hadju.
Un arbitre-médiateur sera nommé par le gouvernement canadien afin que les deux parties s’entendent sur une nouvelle convention collective.
La dernière convention était échue depuis le 31 décembre 2017.
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