Le conseil municipal de Châteauguay a décidé d’acheter pour 3,9 M $, plus 300 000 $ «pour divers documents», le terrain où une entreprise privée avait commencé à bâtir un centre de soccer intérieur finalement resté en plan sur son territoire. Le projet d’acquisition n’a pas fait l’unanimité.

Les quatre conseillers municipaux du parti de la mairesse Nathalie Simon ont voté en faveur et les quatre élus indépendants se sont prononcés contre à l’assemblée publique du conseil du mois d’août. La mairesse a brisé l’égalité en votant pour.

Les conseillers opposés à l’achat du terrain appartenant à Les immeubles commerciaux et industriels Carrier ont assuré qu’ils étaient en faveur d’un soccerplex mais dit juger la transaction prématurée et le prix trop élevé.

Contre

«Je suis d’accord avec l’achat mais pouvons-nous attendre un peu ? Nous n’avons encore aucun plan de soccerplex. On ne s’est pas demandé quel sera l’impact sur le compte de taxes et si les citoyens sont d’accord», a justifié le conseiller Marcel Deschamps. Il s’est dit préoccupé par la présence sur le site de 22 piliers de béton bâtis avant que le projet n’avorte en 2007. «Si on ne les utilise pas, comment va-t-on s’en départir ?» a-t-il questionné. Il s’est aussi inquiété des coûts. «Assez c’est assez ! Arrêtez de jouer dans la sacoche ! On est la Ville la plus taxée au Québec», a-t-il martelé.

Le conseiller Mike Gendron a pointé du doigt le prix. Il a indiqué que le propriétaire actuel avait payé 2,77 $ le pied carré et que les 3,9 M $ en jeu représentaient 10,53 $ le pied carré. «Ça fait huit dollars sur l’investissement», a-t-il observé. Il a ajouté que le prix était 2 M $ plus élevé que l’évaluation municipale du site qui est 1,7 M $. Il a suggéré d’explorer la possibilité de mettre en place un centre de soccer avec dôme derrière l’école Billings.

Pour

La mairesse Simon a fait valoir que les prix des terrains augmentaient et n’allaient «pas en diminuant». Elle a laissé entendre que le projet initié sous l’administration précédente reposait sur des principes valables. «Le choix de l’emplacement, près d’une école, était judicieux en 2009 et il l’est encore. On avait besoin d’un soccerplex en 2009 et le besoin est toujours existant. Il y a des centaines de parents qui doivent se rendre à l’extérieur de la Ville pour permettre à leurs enfants de jouer au soccer à l’intérieur, a-t-elle souligné. C’est la poursuite du projet initié en 2009 et qui doit avancer.»

Concernant l’idée de dôme, Nathalie Simon a soutenu que cette option était moins durable.

Le conseiller Michel Pinard a considéré que la Ville se devait d’être propriétaire du terrain du futur centre de soccer intérieur et qu’il fallait profiter des faibles coûts d’emprunt en vigueur. «Des taux d’intérêt de 2 %, on n’aura pas ça 25 ans», a-t-il prédit.

Emprunt

L’achat du terrain n’est pas coulé dans le béton. M. Pinard a donné à l’assemblée du conseil d’août un avis de motion à l’effet que la Ville allait adopter éventuellement un règlement d’emprunt pour concrétiser la transaction.

Régie

Le soccerplex fait partie d’un ensemble de projets sportifs et récréatifs que Châteauguay et Beauharnois veulent réaliser ensemble. À cette fin, les deux municipalités ont créé au printemps la Régie intermunicipale Sports et Loisirs Beau-Château. Laquelle a été approuvée cet été par le ministère des Affaires municipales.

Outre un centre de soccer intérieur, deux complexes aquatiques, l’un intérieur et l’autre extérieur, ainsi qu’un centre récréatif quatre saisons figurent dans les plans. Le tout estimé à 60 M $. «Ça c’est dans le pire des scénarios», a précisé la mairesse. Elle a laissé entendre que la facture pourrait être beaucoup moins élevée.