Des cabanes à canards fixés aux arbres d’un secteur boisé et marécageux de Châteauguay ont profité à des familles aux pattes palmées.

« On a eu des clients à l’intérieur, on a eu des locataires », s’est réjoui Bruno Banville lors de sa tournée printanière des nichoirs placés dans le territoire du ruisseau Saint-Jean le samedi 13 mars en matinée.

À la tête d’un groupe de bons Samaritains, le bénévole de Canards Illimités a vérifié si les abris fournis par l’organisation avaient servi l’an dernier et a pris soin de les nettoyer.

Un nichoir qui a vu naître des canetons. (Photo Bruno Banville)

Sur les 16 nichoirs, 10 ont accueilli une femelle qui y a pondu. « C’est un bon succès malgré tout », observe M. Banville. Le bilan est meilleur que l’an dernier alors que seulement deux logis avaient retenu l’attention de canards. La présence d’un hibou n’avait pas aidé. « Un petit duc a occupé le territoire de six nichoirs l’an passé. Cette année, aucune trace de lui. On a la paix. Ça fait plus de canards », indique M. Banville.

Un Petit-duc a occupé un nichoir en 2020. (Photo Bruno Banville)

Par contre, des humains ont pu nuire à la reproduction. Des femelles ont abandonné leurs œufs dans deux nichoirs. Bruno Banville croit que le passage de VTT à proximité a pu les déranger. « Les deux derniers nichoirs étaient trop près je crois d’un sentier de 4 roues qui n’était pas là l’année dernière. Une promenade à pied ne dérange rien de ce qui touche la faune mais une promenade avec un engin mécanique détruit la quiétude et, pour ce qui est des canards huppés, il faut le calme total », explique-t-il.

Des oeufs abandonnés. (Photo Bruno Banville)

Canards arboricoles

L’objectif de l’initiative est de favoriser la reproduction des canards arboricoles. Principalement le canard huppé présent dans le Sud-Ouest du Québec mais aussi le garrot et le harle, détaille M. Banville.

Canards Illimités a fourni 20 nichoirs au total pour le territoire du ruisseau Saint-Jean. 16 sont installés. Les constats du printemps guident Bruno Banville pour déplacer ou ajouter des abris. « Normalement, quand il y a une portée, les jeunes femelles ont tendance à revenir dans le même secteur où elles sont nées. C’est pour ça que j’en ai six dans le même coin, dont cinq qui ont eu du succès. Alors je vais en installer d’autres parce que c’est sûr et certain que je vais en avoir d’autres l’année prochaine », fait-il part.

Pour les enfants

Pour Bruno Banville, l’exercice combine l’utile et l’agréable. « C’est un beau passe-temps. On fait ça en petites familles. C’est une belle activité. On prend l’air », apprécie l’homme qui a effectué la tournée dans le boisé en compagnie de sa conjointe Manon Chastenais ainsi que Jocelyn Roy et ses enfants Rosalie et Thomas, de même qu’Alexandre Campeau et Amélia Desrosiers et leur fille Livia.

Il était bien content de voir des jeunes dans l’équipe de bénévoles. «Il faut éduquer les enfants très jeunes pour la conservation de la faune et la flore. C’est ce que j’ai appris de mon grand-père et mes oncles et, aujourd’hui, rendu à 56 ans, j’adore transmettre mon expérience en matière de conservation de la faune », confie-t-il.

Des nichoirs sont placés près de la passerelle du territoire du ruisseau Saint-Jean qui surplombe des marais. Bruno Banville profite du gel pour faire la tournée des logis en février ou mars. (Photo Michel Thibault)

 

Canard huppé aussi appelé canard branchu (Photo Pixabay)