Les castors ont souvent les dents plus grandes que la panse. Pour éviter le déboisement total d’une partie de Châteauguay, Héritage Saint-Bernard veille au contrôle de leur population.

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Les rongeurs ne font pas d’économie de matériaux. Le long d’un sentier parallèle au chemin Saint-Bernard dans le territoire du ruisseau Saint-Jean, on peut voir cet automne une série d’une dizaine d’arbres matures abattus à coups d’incisives. Dans le parc de la Commune, un peu plus loin, les castors ont commencé à gruger un arbre immense, à proximité d’un barrage qu’ils ont bâti. Héritage Saint-Bernard l’a protégé en l’entourant d’une clôture à neige. « Comme seulement une petite partie de l’écorce a été grugée, l’arbre survivra très bien », assure Dominic Gendron, coordonnateur à la protection et à l’aménagement du territoire chez Héritage Saint-Bernard.

L’ouvrage des castors sous un petit pont n’a pas que des défauts. Il a maintenu le niveau d’eau assez élevé dans un marais pour permette à des poissons de s’y développer durant l’été. À l’automne, toutefois, le barrage est démantelé pour permettre aux poissons d’atteindre la rivière Châteauguay, a expliqué M. Gendron. Autrement, ils mourraient dans le marécage gelé.

Cette opération a été effectuée. L’eau coule maintenant librement sous le petit pont, a confirmé M. Gendron le 17 novembre. Un trappeur mandaté pour ce faire a aussi piégé quatre spécimens. Cet exercice est nécessaire pour limiter le déboisement au bord de l’eau.

Un gros arbre entamé par des castors.

200 arbres par castor

Chaque castor peut abattre 200 arbres par an, a souligné M. Gendron en entrevue en octobre 2017. «Ils coupent parfois des quantités importantes d’arbres sur les berges de l’île, les rendant plus vulnérables à l’érosion», mentionnait-il.

Relocaliser les bêtes n’est pas une solution retenue puisque ça ne ferait que «déplacer le problème », faisait valoir M. Gendron.

Les castors n’ayant presque pas de prédateurs depuis la disparition du Loup gris de la région, «nous nous devons d’effectuer un contrôle de la population dans le secteur du refuge faunique Marguerite-D’Youville et du parc de la Commune», faisait-il part. Le trappage ne vise pas à éliminer les castors mais à maintenir un équilibre viable dans le secteur, précisait M. Gendron.