Sans contrat de travail depuis 19 mois, les techniciens ambulanciers de la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie ont voté à 98% pour la grève lors d’une assemblée générale tenue le 9 novembre. L’abolition des horaires de faction et les augmentations salariales figurent au sommet de leurs revendications.
Ces paramédics couvrent notamment les municipalités de la Rive-Sud entre Longueuil et Valleyfield. Ils font partie du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie qui compte 602 membres affiliés à la CSN. Plusieurs d’entre eux ont déjà voté à l’unanimité pour la grève, comme à Bedford et à Waterloo. Le Syndicat possède aussi des accréditations avec les paramédics de Farnham, Hemmingford, Saint-Hyacinthe, Cowansville et Saint-Jean-sur-Richelieu.
Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015. Les salaires, l’accès à une retraite progressive, les horaires, la charge et l’organisation du travail ainsi que la santé et la sécurité sont au cœur des négociations.
«Nous avons eu 11 rencontres avec l’employeur jusqu’à maintenant et rien ne s’est réglé, dénonce le président du Syndicat. Ça n’a pas de sens. Le ministère de la Santé s’est retiré de la table des négociations. Les choses n’avancent pas.»
Le Syndicat déplore que l’employeur veuille des «négociations à coût zéro». Selon lui, les ressources manquent pour offrir un meilleur service et la surcharge de travail est grande sur les horaires de faction.
«Les paramédics se brûlent à travailler 16 ou 17 heures en ligne, dit M. Dutil. Ce genre d’horaire devait être temporaire, mais nous l’avons toujours.» L’instauration d’horaires fixes permettrait de remédier à ce problème en plus de réduire le temps de réponse aux appels d’urgence, soutient le paramédic de 33 ans d’expérience.
Les négociations achoppent aussi sur les conditions salariales. Comme les employés du secteur public avant eux, les techniciens ambulanciers revendiquent une augmentation de 13,5% en trois ans.
Leur employeur propose plutôt un gel salarial pour 2015 assorti d’un montant forfaitaire équivalent à 0,30$ l’heure travaillée, et d’une augmentation de 1,5% pour 2016. Le contrat de travail s’échelonnerait sur cinq ans, sans convenir immédiatement des augmentations salariales pour les trois dernières années. «Si on signe un contrat de travail comme celui-là, pensez-vous que l’employeur va vouloir rouvrir la convention dans deux ans? Oubliez ça!», rétorque M. Dutil.
Le comité de négociation de la Fédération de la santé et des services sociaux est confiant «de viser une entente dans les prochaines semaines, pourvu que les travaux puissent passer à une vitesse supérieure».
La grève, si elle a lieu, «sera déclenchée au moment opportun», indique Gaétan Dutil. Il affirme qu’elle n’affectera pas les services à la population. «Au contraire, dit-il, les gens vont en avoir plus. Quand on est en grève, on gère nos horaires.»
La menace de grève peut aussi être accompagnée de moyens de pression. Le président du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie annonce que des moyens de visibilité ont été envisagés et que l’un d’entre eux fera son apparition prochainement.
