Est-ce normal de se chamailler entre frères et sœurs ? Oui, mais jusqu’à une certaine limite, répond le Comité régional de concertation contre l’intimidation et la violence.
Quand la chamaillerie se transforme en système organisé d’intimidation, qu’il y a persistance dans le comportement d’un enfant et que l’autre se sent menacé, il faut prendre la situation au sérieux», indique Johanne Pelchat, travailleuse sociale au CISSS-MO.
Ce genre de situation serait plus fréquent qu’on le croit, mais passerait trop souvent sous silence. «Certains parents tolèrent chez eux des comportements qu’ils dénonceraient vivement s’ils se produisaient dans la cour d’école, remarque Isabelle Lafleur, d’Espace Châteauguay.
«On entend souvent de leur part : « bah, ils sont jeunes, ça va passer, ce n’est que des enfantillages ». Dans d’autres cas, les parents se sentent démunis et abandonnent en disant à leurs enfants de s’arranger entre eux», rapporte l’intervenante.
Conférence
Pourtant, dans certains cas, des enfants peuvent vivre de véritables situations d’intimidation à l’intérieur de leur propre famille. Exclusion, insultes répétées, menaces de mort, inceste…
Le Comité a choisi de déployer ses efforts de sensibilisation en ciblant particulièrement ce problème parce que, selon lui, il est encore tabou ou passe plus facilement sous silence.
«On veut que ces situations soient plus facilement reconnues comme de l’intimidation, tant du côté des jeunes que des parents, plaident les représentants du Comité, qui ont choisi de lancer leur campagne à l’occasion de 21e édition de la Semaine québécoise de la Famille, du 9 au 15 mai. Différentes discussions seront entamées sur le sujet. Entre autres, une conférence gratuite intitulée «Quand l’intimidation s’invite à la maison» a eu lieu le 10 mai à l’école Louis-Philippe Paré.
Lancement d’une bannière
Dans la foulée de la loi 56 visant à prévenir et combattre l’intimidation et la violence à l’école, le Comité a procédé au lancement de bannières qui seront installées dans les écoles et les maisons de jeunes. Ces bannières illustrent différentes formes que peut prendre l’intimidation dans la vie des jeunes. Un guide d’intervention a également été distribué au personnel de 63 écoles primaires et secondaires de la région de Roussillon.
Organismes composant le Comité
AVIF (Action sur la Violence et Intervention Familiale), Benado, le CALACS de Châteauguay, ESPACE Châteauguay, la Re-Source de Châteauguay, le Service de police de Châteauguay, la Régie intermunicipale de police de Roussillon, une travailleuse sociale du CISSS-MO et la Commission scolaire des Grandes Seigneuries.
