Prenant la parole devant de grandes tablées de gens d’affaires, mercredi soir, au Domaine Labranche à Saint-Isidore, le maire de Léry a lancé un avertissement aux promoteurs immobiliers.

«Léry est la ville qui a le plus de territoire à développer sur la Rive-Sud pour le résidentiel. Si on voulait, on pourrait passer de 2400 à 15 000 de population sans aucun problème. 5000 est plus réaliste dans les prochains 5 ans», a exposé Walter Letham, qui était l’un des invités à la tribune du «Souper des maires», de la Chambre de commerce du Grand Châteauguay. Pour développer le territoire, il a noté que des investissements étaient requis dans les infrastructures et qu’il n’avait pas l’intention de taxer les résidents pour les concrétiser. «Les contracteurs veulent développer leur terrain, c’est eux qui vont payer pour l’expansion de ces terrains-là. J’ai des contracteurs, ici en avant de moi, qui ont payé dix cents le pied carré. Là vous vendez entre 15 et 25 piastres le pied carré. Alors, j’ai pas de pitié pour vous», a lancé Walter Letham.

Réaction du promoteur Benoit Pitre

Entrepreneur en construction dans la région depuis 30 ans, Benoit Pitre, d’Interrglobe, a réagi à ces déclarations. Il a fait savoir qu’il était prêt à payer pour la création d’un étang aéré requis pour développer ses terrains à Léry. «Mais on attend, on attend. Les délais sont énormes. Pendant ce temps, on n’amène pas de payeurs de taxes dans la ville. Comme promoteur, je suis prêt à mettre le chéquier mais il va falloir que ça bouge», a-t-il exprimé à la période de questions de l’assistance.

Le maire Letham a répondu en imputant les délais à l’ancienne administration qui a implanté un réseau d’égout avec étang aéré avec une capacité limitée aux maisons existantes. Il a laissé entendre que le dossier allait débloquer sous peu. «Un rapport de SNC Lavallin est rentré cette semaine. On pousse. On devrait avoir un autre meeting avec les contracteurs d’ici trois semaines», a-t-il affirmé.

1000 terrains

En entrevue, Benoit Pitre a réfuté les dires du maire Letham concernant les prix des terrains. «Il y a peut-être des gens qui ont acheté des terrains à 1.50 $ ou 1.60 $ il y a 30 ans mais pas 10 cents», a-t-il noté. Et la valeur de 15 $ le pied aujourd’hui ? «C’est ce qu’il prétend», a répondu le promoteur. Il a précisé qu’il possédait 640 terrains dans un secteur de Léry et qu’un autre entrepreneur en avait près de 400. «Ça représente 1000 terrains en attente», a-t-il observé. Le secteur est boisé. «On va garder le plus d’arbres possibles comme nous l’avons fait dans le projet Claude-Pitre à Châteauguay», a comparé Benoit Pitre.

 

Faits saillants

Nathalie Simon

La mairesse de Châteauguay Nathalie Simon a fait valoir que plusieurs dizaines de millions de dollars avaient été investis dans sa municipalité au cours des quatre dernières années tant dans les secteurs résidentiel, commercial, industriel qu’institutionnel. Elle a rappelé qu’il restait très peu d’espace à développer à Châteauguay et que la Ville était maintenant en phase de redéveloppement. Elle a fourni l’exemple du secteur de l’ancien Zellers où un quartier orienté vers le transport en commun est projeté. La mairesse Simon a aussi noté que la municipalité investissait dans les infrastructures de son parc industriel pour favoriser son essor. Et aussi dans des projets comme le soccerplex pour offrir une qualité de vie attrayante aux citoyens.

Mélanie Lefort

Conseillère municipale à Sainte-Martine, Mélanie Lefort a exposé que le développement économique de la localité allait bon train avec l’arrivée, notamment, de nouvelles bannières. Elle a salué le soutien du CLD Beauharnois-Salaberry à ce chapitre. Elle a mentionné que Sainte-Martine souhaitait colmater des fuites commerciales évaluées à 29 M $ annuellement. Boulangerie, fruiterie, boucherie et nettoyage à sec, font entre autres partie des commerces manquants à Sainte-Martine, selon Mme Lefort.

Philippe Drolet

Conseiller municipal à Mercier, Philippe Drolet a exposé que la Ville s’affairait à mettre au point un plan pour attirer commerces et entreprises. Ce, pour alléger le fardeau fiscal des contribuables résidentiels. Actuellement, 90 % du territoire de Mercier est agricole et ses revenus proviennent à 80 % du résidentiel, a-t-il rappelé. Une consultation sur l’avenir économique de la Ville est prévue en mai.

Sylvain Payant

Maire de Saint-Isidore, Sylvain Payant a laissé entendre que le développement de la municipalité était au ralenti ces dernières années. Des commerces ont fermé et il s’y construit en moyenne six maisons par année, a-t-il détaillé. La Ville est néanmoins active pour améliorer le bilan, a-t-il laissé entendre. «Ça prend toujours du temps sortir les roues de la vase mais on sent que ça commence à tourner», a-t-il exprimé.