La réforme du programme de crédit de taxes foncières agricoles prévue le 1er janvier 2017 sème l’inquiétude auprès de certains agriculteurs de la région.

Le crédit de taxes pour les entreprises agricoles de la Montérégie est actuellement de 85% des taxes foncières agricoles. La modification vise à réduire ce pourcentage à 78%. Selon les calculs de l’UPA (Union des Producteurs Agricoles) de la Montérégie, un compte de taxes de 9 380$ sera remboursé à la hauteur de 7 316$, comparativement à 8 742$ avant les modifications, ce qui représente une différence de 1 426$. «Les changements annoncés, affecteront grandement les entreprises agricoles de la Montérégie étant donné que les terres agricoles ont atteint des valeurs élevées au cours des dernières années», laisse entendre le syndicat. Les taxes scolaires ne seront plus remboursées aux fermiers.

Louise Lorange, Martinoise et vice-présidente de l’UPA de Beauharnois-Salaberry, pense que cette modification aura un impact sur les agriculteurs qui ont une dette due aux investissements sur leur terre. «Cette hausse de taxes peut faire en sorte que les agriculteurs ne seront pas capables de payer leurs investissements», fait-elle valoir.

Quant à Jean-Yves Cécyre de Châteauguay et président de l’UPA de Roussillon, il croit que cette modification au crédit de taxes n’attirera plus la relève dans le domaine de l’agriculture. «En Montérégie, la valeur des terres a explosé ces dernières années», illustre-t-il. Pour son entreprise de production de soya, pois et maïs, il a calculé une augmentation de taxe de 36 %, équivalent à 1 700$ de plus.

«Les agriculteurs vont s’appauvrir et le fardeau fiscal s’alourdir, se désole-t-il. On ne peut pas faire la grève, on vit de nos récoltes. Nos moyens de pression c’est quoi? Manifester?» Il s’inquiète de l’impact de cette baisse de crédit de taxes à long terme. Près de 137 000$ de plus pourraient être déboursés par 156 fermes de la MRC en 2017, précise l’UPA de Roussillon par voie de communiqué. Le président croit aussi que l’enveloppe du MAPAQ doit aider l’agriculture et craint qu’il n’y ait plus d’argent pour subventionner les projets de ce secteur d’activité.

Impact de la refonte

Le programme actuel met déjà les agriculteurs québécois devant un désavantage compétitif par rapport à l’Ontario, à l’ouest du Canada et aux États-Unis, selon Jérémie Letellier, premier vice-président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie. «Nous sommes taxés selon l’évaluation marchande des terres, contrairement aux autres juridictions en Amérique du Nord qui optent plutôt pour une taxation basée selon la valeur agronomique», renseigne-t-il. La réforme représenterait une hausse de 30 à 40 % de la facture pour 83% des producteurs au Québec, selon l’UPA de la Montérégie.