Bien que la mise en service d’une usine de biométhanisation ne soit prévue qu’en 2019 dans la région, la régie BioM responsable du projet a déjà commencé à initier des citoyens au bac brun et la démarche s’intensifiera en 2017.

L’usine de BioM doit voir le jour à Beauharnois. Les déchets de table, rognures de gazon et feuilles mortes des 225 000 résidents des MRC de Roussillon et de Beauharnois-Salaberry y seront dirigés pour être convertis en biogaz et en compost.

Implanter les bacs bruns pour ce nouveau type de collecte dans les 100 000 foyers du territoire d’un coup aurait pu causer problème, ont fait valoir des dirigeants de BioM, soit Sylvain Payant, maire de Saint-Isidore, Nathalie Simon, mairesse de Châteauguay, et Maude Laberge, mairesse de Sainte-Martine, lors d’une rencontre avec Le Soleil de Châteauguay à laquelle participait aussi le directeur général de la régie, Pierre Tardif.

Pour permettre à l’organisme et aux citoyens d’apprivoiser la formule, 300 ménages de Salaberry-de-Valleyfield ont testé le bac brun ces derniers mois. Puisque l’usine de méthanisation n’est pas en fonction, les matières recueillies ont été compostées.

Du sel pour les asticots

L’expérience a notamment permis de régler un problème. «En plein été, des gens se sont plaints de la présence de petits asticots dans le bac brun. La solution c’est de mettre du sel. Nous allons l’indiquer dans le dépliant d’information qui sera distribué à tous les citoyens au moment de l’implantation de la collecte sur tout le territoire», a illustré Maude Laberge. Elle a observé que si 100 000 bacs bruns avaient été livrés d’un coup, ça aurait fait beaucoup d’appels à gérer pour des vers.

Programme pilote

Le programme pilote prendra de l’ampleur en 2017. À Salaberry-de-Valleyfield, 300 ménages de plus y participeront. Aussi, 250 portes de Sainte-Martine s’ajouteront ainsi qu’une partie des 530 ménages de Saint-Louis-de-Gonzague. Des résidents du milieu rural et urbain seront mis à contribution.

«Nous voulons tester nos outils de communication pour voir ce qui marche ou pas avec les citoyens. Nous voulons aussi voir si le type de bac convient ou s’il est trop gros», a exposé Nathalie Simon.

2017 sera l’année de la «communication» sur la biométhanisation ont souligné les élus. Les programmes pilotes serviront de banc d’essai mais également à informer l’ensemble de la population sur la formule, ont-ils fait part.

Réduire l’enfouissement

Selon le plan du gouvernement provincial, les villes doivent cesser d’envoyer des déchets organiques aux sites d’enfouissement d’ici 2020. Selon les élus, les citoyens souhaitent faire le pas. «Les gens nous en parlent beaucoup. Ils sont de plus en plus conscients de l’environnement et veulent participer», a mentionné Nathalie Simon.

Les déchets organiques représentent entre 50 et 60 % du tonnage des matières dirigées vers les dépotoirs. «Une fois que la biométhanisation sera en marche, il ne restera plus grand-chose dans les poubelles. Il restera les couches, la litière de chat et des tissus», a calculé Maude Laberge.

 

L’échéancier

Le processus de sélection de l’entreprise ou groupe d’entreprises qui concevra, construira et opérera l’usine de biométhanisation est présentement en cours. Les consortiums qualifiés ont jusqu’au 23 décembre pour présenter leur proposition, a fait part Sylvain Payant, président de BioM. Le constructeur sera choisi en janvier 2017. L’approbation du ministère des Affaires municipales est attendue au printemps 2017. Il s’agira ensuite d’obtenir le certificat d’autorisation (CA) du ministère du Développement durable. «Si le CA sort en six mois, nous pourrons commencer la construction à la fin de 2017. Si non ce sera au début de 2018», a noté M. Payant. L’objectif est que l’usine soit opérationnelle en 2019.

Côté financier

Le coût du projet d’usine de biométhanisation est estimé à 48 M $. «Ça ne changera pas. Quand nous avons fait la planification, nous avons indexé les coûts pour l’année 2019», a assuré Pierre Tardif, directeur général de BioM. Les gouvernements provincial et fédéral payent 60 % de la facture, soit 27,8 M $. Les subventions sont confirmées, a souligné Nathalie Simon. Pour les citoyens, le coût a été estimé à 50 $ par porte mais il pourrait être moindre. «Sur 25 ans, on peut penser que le prix du biogaz va augmenter, ce qui va se traduire par plus de revenus», a informé Maude Laberge. D’autre part, le coût de l’enfouissement actuellement fixé à 100 $ la tonne métrique devrait augmenter, selon Nathalie Simon. «Pour les villes, la biométhanisation représente une formule plus stable pour contrôler le prix du service aux citoyens», a-t-elle affirmé.

Entente avec Gaz Métro

Le biogaz produit par l’usine de biométhanisation sera injecté dans le réseau de Gaz Métro grâce à une conduite présente dans le parc industriel de Beauharnois où seront situées les installations. Une entente de 20 ans à cet effet a été conclue. BioM va utiliser le réseau de Gaz Métro pour vendre à qui bon lui semble. «On pourrait utiliser le gaz dans les édifices municipaux ou le vendre à des entreprises qui ont besoin de crédit de carbone puisqu’il s’agit d’un gaz <@Ri> vert <@$p>», a noté Nathalie Simon.

Visibilité

L’usine de biométhanisation comportera un centre d’interprétation sur la conversion des déchets organiques en énergie ouvert au public. Les élus se disent très satisfaits de sa construction en bordure de l’autoroute 30 près du pont Madeleine-Parent où elle profitera d’une bonne visibilité.