Virevoltant dans les airs, faisant tourner leurs guidons, exécutant toutes sortes de pirouettes, les jeunes en trottinette sont de plus en plus nombreux dans les skateparks.

Le Châteauguois Éliam Donnelly, âgé de 14 ans, peut passer plusieurs heures par jour au planchodrome de la Maison des Jeunes à peaufiner ses acrobaties. « C’est un sport vraiment différent du hockey parce que tu n’as pas d’entraîneur qui te dit quoi faire. J’ai mon style, et je peux exprimer ce que je ressens. Je m’exprime et ça me fait du bien», lance le jeune homme.

Depuis trois ans, il pratique ce sport avec passion. Il l’a découvert d’une personne qui lui a fait une démonstration. «J’ai été tellement impressionné que je suis allé m’en acheter une. C’était une trottinette de base pour rouler dans la rue, ce n’était pas fait pour faire des trucs de freestyle. Un moment donné, elle a brisé et j’ai dû m’en acheter une meilleure», se souvient le jeune Donnelly. Un engin de qualité peut valoir entre 250 $ et 500 $, souligne Philippe Jolin, directeur général du TAZ à Montréal,  un centre intérieur de renommée nationale destiné à la pratique de la planche à roulettes, du BMX et de la trottinette.

Compétitions de trottinette

Éliam Donnelly a participé à trois compétitions depuis deux ans, raflant la première position à chacune d’elle. Il a d’ailleurs des aspirations professionnelles, «parce qu’il y a beaucoup de pro riders dans le monde et le sport grandit».

M. Jolin, confirme ces dires. «C’est très fort en Europe. Il y a un circuit et des équipes commanditées. C’est gros !» dit-il, en citant comme exemple l’événement mondial qui se tient à Montpellier, en France, annuellement. Pour le chroniqueur de sports extrême à RDS Michel Fervac-Larose il y a engouement pour ce sport en Allemagne et en Australie. De manière générale, les sports extrêmes profitent «d’un engouement par cycle», précise-t-il. M. Fervac-Larose fait savoir que tant que la télévision ne les diffusera pas ça restera des sports marginalisés, même s’ils sont spectaculaires. Le jeune Donnelly mousse son sport en diffusant des vidéos de ses performances sur sa chaîne YouTube.

Un bon sport de développement

«La trottinette est un bon sport d’entrée. C’est une bonne façon pour éventuellement pratiquer d’autres sports sur roue», explique Philippe Jolin. Il soutient que la jeunesse est portée vers les activités procurant un succès instantané. À cet effet, précise-t-il pour réussir un truc en trottinette, un jeune le fait entre 15 et 20 répétitions, alors que sur une planche à roulettes, c’est réalisé après une centaine.

 

Lynda Proulx, directrice de la Maison des Jeunes, affirme que depuis son entrée en poste, en 2008, la trottinette a gagné du terrain « Je me rappelle quand je suis rentrée ici, c’était beaucoup les BMX et les skateurs. Maintenant c’est la trottinette. Les plus vieux font du skate, mais présentement c’est la trottinette qui est la mode», dit-elle. Elle indique que les jeunes se sont mutuellement influencés vers ce sport et qu’un jeune Châteauguois qui fait des compétitions en Ontario «très reconnu et très habile sur sa trottinette» en aurait amené plus d’un dans son sillage.