Il n’y a pas que les bruits d’ustensiles remuant dans les assiettes qui est audibles à la Rencontre Châteauguoise lors des repas communautaires, mais des gens qui se parlent et partagent leurs aléas du quotidien.
Au premier coup d’œil, les gens semblent vouloir être ensemble. «Je viens ici pour changer le mal de place», indique Yves Légaré, président du Club de pétanque Le Roi de Carreau à Châteauguay. Il participe à ces dîners de la Rencontre Châteauguoise pour passer du temps en compagnie de ses amis.
«J’aime l’ambiance, c’est comme une famille, témoigne Carole Lavoie qui fréquente l’organisme quatre fois semaine en compagnie de son conjoint et son fils Alexandru Lavoie qui présente un trouble du spectre de l’autisme. On se sent valorisé. Depuis que mon fils fait des activités ici, il parle beaucoup plus», dit-elle.
Près de la moitié des 300 participants qui viennent se régaler au repas collectif deviennent des bénévoles à l’organisme, selon Marie-Claude Daoust, directrice générale de la Rencontre en poste depuis quatre ans. L’entraide plane dans les locaux.
Malgré que les gens soient gênés les premières fois qu’ils fréquentent l’établissement. Le nouveau slogan Agir pour t’en sortir a été instauré pour amener à l’action. Avant l’arrivée en poste de Marie-Claude Daoust, l’organisme voué à l’aide aux moins nantis n’avait pas d’assise concrète pour orienter les activités offertes. Cette dernière a veillé à mettre sur papier les démarches précises dans le but de mettre en forme la ligne directrice de la mission de la Rencontre Châteauguoise.
«Notre approche s’est transformée pour vraiment arriver à ce point-là, relate-t-elle. Quand ils (les personnes dans le besoin) arrivent à la Rencontre, ils comprennent qu’ils ne sont pas dans une atmosphère de jugement, fait-elle valoir. Les personnes qui sont venues ici cherchaient de l’aide pour surmonter une difficulté qu’elles vivaient.»
Ceux qui cognent à la porte du lieu d’entraide sont suivies de près. «L’ouverture est là parce qu’on est disponible pour eux, dit-elle. Chaque chose peut être plus longue pour certaines personnes, mais ils y arrivent par la persévérance. Ils décident d’agir. Si quelqu’un vient ici pour seulement manger, il n’est pas à la bonne place», fait savoir la directrice.
Un cuisinier créatif avec peu
Jean-Sébastien Durocher est mis au défi chaque jour lorsque le repas est servi à la Rencontre Châteauguoise. Son plus grand challenge; «Faire avec ce qu’il y a», confie-t-il. Il a fait ses débuts de cuistot à l’Impact social, entité qui n’existe plus maintenant. Les gens sont très satisfaits, selon lui. Sa principale qualité serait d’être débrouillard puisqu’il compose un menu santé. Il est aussi capable d’offrir de la variété avec seulement les dons en nourriture que l’organisme reçoit. Au passage de la journaliste Valérie Gagnon, lors d’un repas, elle a pu déguster un très bon filet de porc accompagné de riz et légumes cuits à point. Le service était impeccable et une empreinte d’humanité était franchement sentie entre ces quatre murs où les gens s’aident sans plus ni moins.
