La Clinique Obstétrique Gynécologie Châteauguay située dans le centre de santé Desjardins ferme officiellement ses portes à la fin avril. L’équipe de huit médecins spécialistes dit avoir tout tenté pour garder l’établissement ouvert, mais est contrainte de mettre la clé dans la porte, faute de financement suffisant pour opérer la clinique.
Ouverte depuis 2016, la clinique privée suivait 900 patientes par année pour environ 23 000 visites annuelles. Les patientes ne payaient pas pour les services puisqu’ils étaient couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).
Les huit obstétriciens gynécologues étaient locataires de la clinique. Ils devaient assumer les frais qui sont rattachés à sa gestion, par exemple l’embauche de secrétaires médicales, d’infirmières et l’achat d’équipements. Les médecins sont payés à l’acte et reçoivent un petit supplément lorsque les soins sont administrés en cabinet, explique la Dre Olivia Marra, une des gynécologues de la clinique.

Pour un suivi de grossesse par exemple, la RAMQ paie 29 $ par rendez-vous au médecin et un supplément de 6 $ pour le suivi en cabinet. «Ces montants-là n’ont pas augmenté depuis 15 ans. […] Pour une demi-journée de suivis de grossesse avec des patientes, on recevait 550 $ alors que les coûts d’opération sont de 580 $. Ça faisait deux ans qu’on roulait comme ça où on était à la perte», indique la médecin.
En mai 2025, la clinique a reçu un avis de renouvellement du bail. Le bail précédent était d’une durée de 10 ans et le renouvellement impliquait encore 5 à 10 années d’engagement.
Tentatives de réduire les coûts
Devant la situation financière difficile, l’équipe de médecins a tenté différentes stratégies pour mieux rentabiliser la clinique. La Dre Marra mentionne qu’ils ont essayé de recruter d’autres médecins pour répartir les dépenses sur un plus grand nombre de personnes, mais sans succès.
Ils ont aussi tenté de réduire le personnel pour économiser et ont demandé de l’aide financière au centre intégré de santé de services sociaux de la Montérégie-Ouest. Encore une fois sans succès.
«Le CISSS de la Montérégie-Ouest n’a pas le mandat de financer des cliniques médicales privées», a indiqué la porte-parole Anick Drouin.
«Bien que nous n’ayons pas été en mesure de soutenir financièrement cette clinique, nous avons tout de même agi concrètement pour renforcer l’offre de soins, notamment grâce à des travaux de rénovation et d’agrandissement à la clinique GARE (grossesse à risque élevé)», souligne-t-elle.
Fin des suivis de grossesse
«On est arrivé à l’évidence qu’on ne pouvait plus garder la clinique ouverte», explique la Dre Marra. Les obstétriciens gynécologues ont arrêté de prendre de nouveaux suivis de grossesse en octobre 2025 pour éviter que des femmes aient besoin d’un suivi après la fermeture de la clinique le 30 avril.
Les gynécologues continueront d’offrir des suivis gynécologiques au GMF Roger-Laberge à Châteauguay, mais pas les suivis de grossesse.
Selon la Dre Marra, les suivis de grossesse requièrent une structure avec une expertise particulière, notamment du côté des secrétaires médicales et des infirmières.
«Les femmes enceintes, elles ont énormément de questions et c’est correct aussi. On a besoin de quelqu’un qui peut répondre à ces questions-là quand nous ne sommes pas disponibles. Ça prenait une structure et cette structure coûte de l’argent», illustre-t-elle.
La clinique de Châteauguay n’est pas la seule dans cette situation. Selon La Presse Canadienne, six cliniques d’obstétrique ou de gynécologie ont fermé leurs portes dans la dernière année.
Une clinique à Victoriaville a annoncé qu’elle cessera ses activités en juin. Le président de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec a fait savoir sur les ondes de LCN que d’autres cliniques lui ont déjà signifié qu’elles ne renouvelleront pas leur bail dans les deux prochaines années.
Où faire son suivi ?
«Une femme enceinte dans la région de Châteauguay peut obtenir un suivi via les médecins de famille en GMF, ou encore avec une sage-femme. Des équipes du CISSS et le service gouvernemental Ma grossesse aident aussi les femmes à trouver un professionnel pour le suivi, précise Mme Drouin.
«Est-ce qu’ils vont être capables de tout prendre ? C’est sûr que je trouvais qu’on faisait quand même un très bon débit, mentionne la Dre Marra. Je prévois qu’il va quand même y avoir un trou dans le service d’obstétrique sur notre territoire.»


C’est tellement plus qu’important une Clinique Obstétrique Gynécologie et comment le gouvernement peut-il laisser faire ça. Je pense à toutes ces femmes enceintes qui devront se trouver un autre moyen pour poursuivre leur grossesse. Où s’en va t-on avec toutes ces coupures. Quelle tristesse!