La mère d’une jeune fille de 12 ans déplore le manque de ressources disponibles pour aider sa fille à régler ce qu’elle croit être une situation d’intimidation vécue dans une école primaire de Châteauguay. Situation qui l’a même incitée à retirer son enfant de l’école un mois avant la fin des classes.
L’écolière de 12 ans a vécu sa dernière journée de classe le 30 mai. Elle ne remettra probablement plus les pieds à la même école, bien qu’elle devait y retourner en septembre.
Après une vidéo
Tout a commencé après la diffusion d’une vidéo par ladite jeune fille sur une application musicale prisée par les adolescents. «Après, un groupe de filles de mon école a commencé à écrire plusieurs commentaires dénigrants. D’autres en ont ajouté en amplifiant les insultes», rapporte-t-elle.
À partir de ce moment, le même groupe aurait commencé à l’exclure, soutient-elle, en incitant les élèves de l’école à faire de même.
Ces comportements acrimonieux auraient duré pendant environ trois mois, jusqu’au 30 mai, où elle est revenue de l’école en pleurant, raconte sa mère. «Quelqu’un avait endommagé un de ses souliers avec des ciseaux. Ç’a été la goutte qui a fait déborder le vase, exprime-t-elle avec émotion. Le même soir, je l’ai préparée pour la nuit, dans l’optique de la renvoyer à l’école de lendemain, mais elle est tombée malade. C’en était trop. Je l’ai retirée de l’école. Sa santé était plus importante. Et si ces jeunes peuvent couper ses souliers, qu’est-ce qu’ils sont capables de faire d’autre? Ça m’a fait peur», confie la mère.
École impuissante, selon la mère
Après le premier épisode d’insultes envers sa fille, la mère de famille a contacté la direction de l’école, puis la Commission scolaire pour tenter de trouver une solution au problème. «Ils nous ont rencontrés. Nous avons suivi les conseils à la lettre. Mais dans les faits, rien n’a changé. Les filles qui font de l’intimidation ont continué d’agir en cachette». Se sentant sans ressources, elle a fait une plainte à la police.
La police ne peut intervenir
C’est l’agente Martine Denis de la police de Châteauguay qui est intervenue dans le dossier. «Ce qui est complexe dans ce genre de situation, explique-t-elle, c’est qu’on (la police) ne peut pas intervenir lorsqu’il s’agit d’enfants de moins de 13 ans. Ici, on parle de jeunes de 11-12 ans. Ce sont aux adultes responsables de régler la situation, expose-t-elle. Donc aux parents et à la direction de l’école. Notre intervention se limite à de la sensibilisation auprès du groupe d’élèves si l’école nous le demande, et de l’accompagnement et un suivi avec les adultes responsables. Dans ce cas, la direction de l’école nous a confirmé qu’elle avait rencontré les jeunes et les parents», dit-elle.
Commission scolaire
De son côté, la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries a refusé de commenter ce cas en particulier, puisque «les informations au sujet des élèves sont confidentielles», indique la porte-parole, Mylène Godin.
De manière plus générale, elle indique que « lorsqu’une situation d’intimidation est rapportée par un parent, un élève ou une tierce personne dans une école, elle est toujours prise au sérieux par tous les membres du personnel de l’école. Il est toutefois possible, mentionne-t-elle, qu’une situation n’en soit pas une d’intimidation, mais bien de conflit entre élèves, notamment». Un document disponible sur le site Internet de la Commission scolaire établit cette différence entre intimidation et conflit.
Changement d’école
La mère, qui ne veut plus renvoyer sa fille à la même école, l’a inscrite dans d’autres établissements. «Lorsqu’on e ne réside pas sur le territoire d’une école, la priorité est donnée aux enfants du secteur. On n’a donc aucune certitude qu’elle aura une place ailleurs en septembre» regrette-t-elle. Alors pour s’assurer que son enfant puisse poursuivre son éducation dans des conditions favorables, elle l’a inscrite dans une école privée.
