Les policiers du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) sont intervenus dans un autobus du circuit 32 d’exo vers Châteauguay jeudi soir au terminus Angrignon à Montréal à la suite d’un appel du chauffeur pour un passager agressif. Selon un usager à bord de l’autobus, le passager en question n’était pas agressif et avait seulement voulu payer le passage d’un autre usager que le chauffeur refusait de laisser entrer.

Comme il le fait régulièrement, Sebastian Rubino est embarqué jeudi peu après 20h dans l’autobus 32 au terminus Angrignon pour retourner vers Châteauguay. Peu après lui, un homme est monté dans l’autobus, mais n’avait pas le montant suffisant pour payer son passage. «Il a discuté avec le chauffeur et lui a demandé s’il pouvait payer avec ce qu’il avait dans ses poches. Le chauffeur lui a dit non, tu débarques», relate Sebastian  Rubino, précisant que le chauffeur est réputé pour être sévère.

Pendant que le chauffeur et l’usager discutaient, un deuxième homme se serait levé pour payer le dollar manquant à la place de l’usager. «Quand il l’a fait, il a dit au chauffeur : c’est bon maintenant on peut partir ? Comme plusieurs personnes dans l’autobus, il était tanné d’attendre», mentionne M. Rubino. Ce dernier raconte que le chauffeur a par la suite légèrement reculé l’autobus et a contacté la police.

Le SPVM confirme avoir reçu un appel «pour une personne agressive au terminus Angrignon». « Quand les policiers sont arrivés sur les lieux, ils sont entrés en contact avec l’homme et ce dernier n’aurait pas coopéré aux demandes des agents et aurait commis un voie de fait sur ceux-ci», indique Anne-Sophie Simard, relationniste pour le corps policier.

On peut voir une partie de l’intervention des policiers dans une vidéo diffusée du Spotted Châteauguay qui a été partagée plus de 400 fois. Lorsque la vidéo commence, les policiers tentent d’agripper un homme assis dans le fond de l’autobus et lui disent de sortir. On peut entendre dans la vidéo, une femme dire que «c’est ridicule» et un autre homme dire que l’homme n’a fait que payer le billet de quelqu’un d’autre.

«Les policiers sont embarqués dans l’autobus et le chauffeur a dit qu’il s’est fait agresser. Je suis choqué parce que c’est un mensonge, j’étais à un mètre de l’avant du bus j’ai tout vu», assure Sebastian Robino.

« La police a exigé à l’homme qu’il débarque. Je suis étonné qu’il n’ait pas demandé la version au monsieur. Il a argumenté et demandé pourquoi il devait sortir. Le ton a commencé à monter», poursuit-il.  

Comme on peut le voir dans la vidéo, tous les passagers ont dû sortir de l’autobus.

L’homme a été arrêté pour voie de fait sur un agent de la paix. Il a été libéré sur place, précise la relationniste du SPVM.

Une situation prise au sérieux selon exo

« Le soir de l’événement exo a été avisé par la répartition de Transdev et a dépêché un inspecteur sur les lieux, informe Rosalie Lavoie, conseillère en relations médias chez exo. Ce dernier a coordonné le transbordement des passagers dans un autre autobus.»

Exo dit prendre cette situation très au sérieux et poursuit ses démarches auprès de Transdev pour valider des informations. «Des suivis sont en cours auprès du transporteur pour bien comprendre la situation et s’assurer que les mesures correctives appropriées soient mises en place le cas échéant», mentionne Mme Lavoie.

De son côté, Transdev a indiqué au Journal que le chauffeur est suspendu «durant la tenue de l’enquête».

«L’équipe de Transdev Canada prend cette situation très au sérieux et poursuit ses démarches auprès de notre partenaire, exo, afin de faire toute la lumière sur les circonstances de l’événement en question. La santé et la sécurité de nos usagères et usagers demeurent notre priorité absolue», mentionne Frédéric Bourgeois-LeBlanc, responsable des relations publiques chez Transdev.

Arrivé chez lui, Sebastian Robino était choqué par l’incident dont il avait été témoin. Il a porté plainte à exo. « J’espère que la caméra vidéo dans l’autobus était fonctionnelle et qu’on pourra revoir ce qui s’est passé», dit-il.

Exo confirme qu’il y avait un système de vidéosurveillance à bord de l’autobus. « Exo s’est assuré que les images qui pourraient avoir été captées par la vidéosurveillance soient conservées, afin d’être remises aux autorités compétentes, en cas de besoin», indique Rosalie Lavoie.