Les tarifs douaniers américains ont impacté Optimum-Canada, une entreprise de Mercier spécialisée dans la conception d’outils de coupe dans le secteur de l’aviation. Depuis, la direction se relève en diversifiant ses marchés vers le domaine de l’automobile. L’intégration de l’intelligence artificielle au mode de production s’ajoute également.

Pour diversifier ses marchés, Optimum-Canada profite d’une enveloppe de 450 000 $ d’Ottawa dans le cadre du programme Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT). Le secteur de l’automobile offre de belles occasions. Dans un avenir rapproché, les fabricants se tourneront vers des pièces plus durables, croit le président d’Optimum-Canada Érick Péloquin. «Les gens vont vouloir qu’elles durent plus que cinq ans», a-t-il souligné lors d’une visite de ses installations, en présence de Nathalie Provost, députée de Châteauguay—Les Jardins-de-Napierville et secrétaire d’État (Nature) ainsi que Carlos Leitão, député de Marc-Aurèle-Fortin et secrétaire parlementaire de la ministre de l’Industrie et ministre responsable de DEC. Puis, l’implantation d’entreprises spécialisées dans la fabrication de moteurs électriques pourrait remplir le carnet de commandes de l’entreprise de Mercier.

Le soutien financier d’Ottawa sert également à l’embauche d’un représentant pour développer le marché de Toronto ainsi que l’achat d’équipement.

Optimum-Canada compte depuis longtemps Airbus parmi ses clients. Déjà, l’entreprise de Mercier met tout en place pour collaborer à la conception de 150 avions A220 à Mirabel pour le transporteur AirAsia, une nouvelle annoncée au début du mois. «On nous l’a dit. Préparez-vous. La cadence va augmenter lentement, mais tantôt ça va être énorme. Si c’est dans un an, c’est demain matin pour nous. Ça demande plus, ça demande de l’investissement», a expliqué M. Péloquin.

Intégration de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) est bel et bien ancrée chez Optimum-Canada. L’entreprise de 40 employés mise beaucoup sur ce nouvel outil pour la planification et la gestion. Pour le moment, l’IA intégrée à l’équipement repense la planification initiale de commandes dans le cas de l’absence d’un employé par exemple. En soirée, les robots assurent la production, incluant le contrôle de la qualité. «Chaque pièce est vérifiée. On fabrique des pièces d’avion. On ne peut pas risquer qu’une pièce ne soit pas bonne parmi un gros lot», a mentionné le président. M. Péloquin rêve d’élever l’utilisation de l’intelligence artificielle à la gestion de l’entreprise, comme le calcul du prix de revient de chacune des 7000 pièces différentes conçues à Mercier.

L’imposition de tarifs douaniers en sol américain a fait mal à Optimum-Canada. GE Aerospace a mis sur la glace un contrat avec l’entreprise de Mercier en raison des taux de taxes. «On va attendre que ça se calme. Les portes vont être ouvertes pour que tu reviennes», s’est fait répondre Érick Péloquin. L’exportation de pièces en Europe s’avère possible depuis le retrait d’un tarif douanier de 60 %. Or, la partie n’est pas gagnée. «On n’a pas deux ou trois chances, a dit M. Péloquin. Il faut que tu frappes fort la première fois.»

Soutien de quatre entreprises supplémentaires

Le programme IRRT a été mis sur pied en soutien des entreprises concernées par les droits de douane de tous les secteurs d’activité. Outre Optimum-Canada, quatre autres entreprises œuvrant dans le secteur de l’acier bénéficient du IRRT dans la circonscription de Châteauguay-Les Jardins-de-Napieville. Il s’agit de Soudure Fusion Précision à Saint-Rémi (625 000 $), Produits de métal Promett à Châteauguay (187 500 $), Traitement Thermique National à Châteauguay (413 250 $) et Univerco à Saint-Cyprien-de-Napierville (547 500 $).