Jun Luo, qui a opéré la garderie Maison du petit soleil à Sainte-Martine, a subi son procès pour voies de fait le 28 mai dernier. Le jugement sera rendu en septembre. Son conjoint subira également son procès en septembre.
Deux chefs d’accusation pèsent contre elle depuis son arrestation survenue le 22 octobre 2024.
Les actes répréhensibles auraient été commis entre le 22 septembre et le 1er décembre 2023. Les enfants étaient alors âgés de 2 et 3 ans.
La poursuite, représentée par Me Marie-Anne Tremblay, a fait entendre une seule témoin à la barre. Il s’agit d’une ancienne éducatrice qui a été témoin des infractions reprochées.
Le juge de la Cour du Québec, l’honorable Sacha Blais, a pris la décision en délibéré. Il rendra son jugement le 1er septembre.
Jun Luo est passible d’une peine de détention si elle est reconnue coupable.
Autre procès à venir
Le conjoint de Mme Luo, Nai Chang Yang, avait aussi été arrêté pour des faits similaires le 22 octobre 2024.
Le quinquagénaire va subir son procès du 8 au 10 septembre. Dans son cas, il fait face à six chefs d’accusation de voies de fait. Il aurait fait quatre victimes durant les périodes allant du mois de septembre à décembre 2023 puis en juillet 2024.
Une troisième personne, celle-ci d’âge mineur, avait été arrêtée le 22 octobre 2024, également pour des actes de voies de fait.
Permis révoqué
Le permis de la garderie Maison du petit soleil avait d’abord été suspendu après l’arrestation de la propriétaire avant d’être révoqué le 3 décembre de la même année.
Jun Luo était la présidente, la secrétaire, la trésorière et l’actionnaire unique de la garderie depuis le 26 mars 2003.
Le permis en vigueur au moment des accusations était valide jusqu’au 31 mars 2027.
Devant la révocation de son permis, elle a exercé un recours devant le Tribunal administratif du Québec.
Selon ce qu’on peut lire dans la décision de la juge administrative Annick Guérard-Kerhulu, Mme Luo souhaitait que son permis soit uniquement suspendu. Ce qui aurait permis aux accusés d’obtenir les renseignements sur la nature exacte des accusations.
La suspension aurait aussi permis à la présidente de tenter de vendre l’immeuble abritant l’installation où étaient offerts les services de garde, avec le permis, et ce, afin qu’un nouveau propriétaire assure la continuité des services de garde dans le même bâtiment.
La décision de révoquer le permis a malgré tout été maintenue.
«Le Tribunal considère que Jun Luo, en tant que présidente et actionnaire unique de la Garderie, est accusée d’infractions criminelles inconciliables avec les aptitudes requises et la conduite nécessaire pour la tenue d’une garderie dans le respect de la Loi sur les services de garde éducatifs et à l’enfance (LSGÉE) et de ses règlements, peut-on lire. De plus, selon la règle de la prépondérance des probabilités, la preuve probante de la ministre permet de constater que la propriétaire a ou a déjà eu un comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou morale des enfants auxquels elle veut fournir des services de garde.»
Le ministère de la Famille confirme toutefois que les 32 places associées au permis seront intégrées au bassin de places à réaffecter. Il s’agissait d’un souhait exaucé par la municipalité.
Autres manquements
Mme Luo contestait également des manquements reprochés par le ministère de la Famille, lors d’inspections survenues avant les accusations.
Le défaut d’assurer le ratio requis dans l’installation ou celui de maintenir la propreté du mobilier, des locaux et des aires de jeux ont été relevés lors des inspections.
Des pénalités pour un total de 15 000$ sont maintenues et exigées à l’encontre de la garderie.
