Jun Luo, qui était propriétaire de la Maison du Petit Soleil, une garderie de Sainte-Martine, a été déclarée non coupable le 1er septembre des accusations de voies de fait qui pesaient envers elle. Le juge Sacha Blais a cru son témoignage qui décrivait une intervention auprès d’enfants qui se chamaillaient autour d’un lavabo où ils se lavaient les mains.

La femme a été exonérée des deux accusations de voies de fait envers des enfants de 3 ans qui fréquentaient la garderie.

Jun Luo a accepté le verdict en pleurs. «Elle est soulagée, a laissé savoir son avocate, Me Emmanuelle Rheault. Ç’a été très éprouvant pour elle les procédures judiciaires. Le verdict parle de lui-même. Le juge a retenu sa version. Elle veut tourner la page. Elle considère que justice est rendue.»

En fait, la poursuite n’a pas rencontré son fardeau de prouver hors de tout doute que l’accusée avait fait usage d’une force déraisonnable pour corriger ou discipliner un enfant.

La mère d’un enfant concerné a quitté la salle rapidement et a exprimé sa frustration vis-à-vis le jugement rendu sur Facebook. «Je respecte le processus judiciaire, même si aujourd’hui j’ai énormément de difficulté à comprendre cette décision, a-t-elle écrit. Je suis déçue. Je suis en colère. Je suis profondément triste.»

La garderie a été fermée au moment du dépôt des accusations en octobre 2024 et son permis être révoqué quelques mois plus tard.

Le conjoint de Jun Luo, Nai Chang Yang, doit à son tour subir son procès prochainement. Le quinquagénaire est accusé à six reprises de voies de fait sur des enfants.

Version précise et détaillée

«Le tribunal porte foi au témoignage de l’accusée avec respect pour l’opinion contraire, a indiqué le juge, Sacha Blais. Sa version est précise et détaillée. J’estime que sa version des faits est vraisemblable.»

En octobre 2024, ce qui est décrit comme du chamaillage à la porte des toilettes a nécessité une intervention de la propriétaire de la garderie.

Plus d’un enfant était monté sur un banc pour se laver les mains au lavabo. Il y avait des cris et des pleurs. Si bien que Mme Luo a quitté la cuisine où elle préparait le repas pour aider l’éducatrice devant la situation qualifiée de chaotique par le juge.

Celui-ci a retenu que l’intervention de la propriétaire avait pour but d’assurer la sécurité de tous et ramener le calme dans les lieux. «La situation est tendue et non sécuritaire, a indiqué le juge. Elle n’avait pas le choix d’intervenir, ce qui est rationnel dans les circonstances.»

Dans un premier temps, la propriétaire n’a pas touché à un enfant, mais a plutôt posé sa main ou son coude sur le lavabo afin d’ériger une barrière entre les enfants.

«Je suis d’avis qu’il est cohérent de croire que le chaos est dû à l’absence d’intervention de Mme Michaud qui filme au lieu de s’accomplir à son travail», a ajouté le juge au sujet de l’éducatrice qui avait la responsabilité du groupe d’enfants âgés de 2 et 3 ans.

Le tumulte ne s’est pas arrêté à ce moment. Mme Luo a ensuite pris un enfant, comme on prend un verre d’eau à deux mains a-t-elle affirmé, pour le déposer à l’écart du lavabo. Celui-ci aurait bondi telle une sauterelle pour recommencer. Mme Luo a répété la manœuvre pour désamorcer la situation.

Le juge s’est basé sur une disposition de la Loi qui permet l’utilisation possible de la force pour éduquer, discipliner ou corriger un enfant.

«Le tribunal est convaincu que l’accusée réagit de façon réfléchie pour contrôler l’enfant et assurer leur sécurité, a poursuivi le juge. Les gestes ne sont pas posés par frustration ou impatience. Il s’agit d’un usage de la force brève dont l’atteinte à l’intégrité physique était minime.»