Foudroyé par une crise cardiaque en janvier, Yves Ducap s’en tire sans séquelle. «Ma femme Denise m’a sauvé la vie», dit fièrement le résident de Mercier âgé de 56 ans.

Denise Lemaire préparait une sauce à spaghettis et une soupe à l’oignon dans la maison du couple le dimanche 24 janvier vers 14h. Son mari attablé s’est plaint d’avoir un point et d’avoir mal à la gorge. «Je lui ai dit mange et on ira à la clinique après. Il a dit ok», raconte Mme Lemaire, en entrevue au journal avec l’homme qui partage sa vie depuis 25 ans. Alors qu’elle brassait la sauce, elle s’est tournée et a aperçu son mari inconscient sur sa chaise, sur le point de tomber. «Je suis partie du poêle, je l’ai pris pour ne pas qu’il se cogne la tête et je l’ai étendu à terre, relate-t-elle. J’ai vu qu’il était bleu, bleu, bleu. Il ne respirait pas. Et il était froid. Alors j’ai pris le téléphone et j’ai fait le 911.»

Guidée par la répartitrice

Une répartitrice des urgences au 911 a indiqué à Mme Lemaire comment faire des manoeuvres de réanimation cardio respiratoire en attendant que les secours arrivent. «Je ne connaissais pas ça, précise la dame. Elle m’a dit de mettre mes deux mains jointes et de pousser sur son thorax, un deux, trois, quatre. J’évitais de le regarder parce qu’il était bleu. Il était froid. J’en parle et j’en ai la chair de poule !»

Un moment donné, elle a vu le bras droit de son mari bouger. La répartitrice l’a encouragée à continuer les manœuvres.

Les ambulanciers et paramédics sont arrivés et ont pris la relève. Il a fallu quelques minutes et M. Ducap a pu être réanimé. Il a été conduit à l’hôpital Anna-Laberge à Châteauguay puis à l’hôpital Pierre-Boucher à Longueuil. Des artères bouchées ayant causé l’arrêt du cœur ont été débloquées.

Gratitude

«Je suis très reconnaissant envers ma femme. À la base, c’est elle qui a pompé. Ça a l’air que mon cœur a arrêté dix minutes. Mais à cause qu’elle a fait circuler le sang, bien, ça a fait que je suis ici aujourd’hui. C’est fou, a confié M. Ducap, la voix pleine d’émotions. C’est ma sauveuse.»

L’homme témoigne aussi sa gratitude à ses frères et sœurs qui «le surveillaient à l’hôpital et le réveillaient pour le faire respirer», aux secouristes et aux gens qui l’ont soigné. «Avec l’aide de tout le monde, je survis sans séquelle. J’aimerais tous vous remercier du plus profond de mon cœur», écrit-il dans une lettre remise au journal.