La Ville de Châteauguay, qui ajoute du fluor à son eau potable depuis environ 60 ans, souhaite sonder de manière précise la population afin de déterminer si elle poursuivra ou cessera cette pratique controversée.
D’un côté, le ministère de la Santé, la Direction de la santé publique de la Montérégie, avec Santé Canada et l’Ordre des dentistes du Québec, recommandent aux municipalités d’ajouter du fluor à l’eau potable. La raison : il s’agit d’un moyen éprouvé, selon eux, pour prévenir la carie dentaire qui affecte une grande partie de la jeune population québécoise.
De l’autre côté, des groupes s’opposent à cette pratique en évoquant les effets possiblement toxiques du produit chimique qui est ajouté à l’eau pour la fluorer, et le manque d’études sur les effets indésirables.
Pour faire le point sur la situation, la Ville de Châteauguay a organisé le samedi 6 juin une rencontre d’information où étaient réunis à la même table des représentants des deux clans. Le Dr Bernard Laporte, dentiste-conseil à la Direction de la santé publique, était accompagné par Jean Rodrigue, directeur par intérim à la Direction de la santé publique de la Montérégie, pour expliquer pourquoi la fluoration de l’eau est recommandée. À leurs côtés, Gilles Parent, naturopathe et auteur du livre La fluoration : Autopsie d’une erreur scientifique, est venu exposer des arguments qui vont à l’encontre de cette pratique.
Forme rigide et émotivité palpable
Extrêmement structurée dans sa forme pour éviter les débats et les débordements, cette rencontre a suscité plusieurs questions, des moments de tension et beaucoup d’émotions de la part de la soixantaine de personnes qui y ont participé.
«Au final, je ne suis pas certaine que les gens ont eu la chance d’obtenir les réponses qu’ils souhaitaient pour se faire une meilleure idée», a avoué la mairesse Nathalie Simon à la suite de l’événement.
Visiblement déçue par la faible participation citoyenne «sur un enjeu primordiale qui devrait toucher plus de gens», elle a évoqué la possibilité d’organiser un exercice différent pour compléter le débat.
«Ce que je remarque, c’est que ce sont ceux qui suivent le dossier depuis plusieurs années qui sont venus. Mais de manière générale, on ne sait pas trop ce que le reste de la population désire vraiment. On me parle souvent de l’état des routes, mais jamais de la fluoration de l’eau», fait-elle remarquer.
Sondage prévu
Pour tracer un portrait plus précis, elle a annoncé qu’un sondage serait fait dans les prochains mois. «On veut réussir à avoir une marge d’erreur très, très faible. On ne sait pas encore comment nous nous y prendrons, mais nous souhaitons avoir un portrait exact de ce que la population pense du sujet.»
Au regard des résultats que révélera ce sondage, la Ville pourrait choisir de mettre un terme à la fluoration de l’eau potable. Mme Simon indique toutefois que pour le moment, rien de tel n’est prévu. «Nous sommes encore en quête d’information», conclut-elle.
Au Québec, cinq villes ajoutent du fluor à leur eau potable. Châteauguay, Pointe-Claire, Dorval, Lévis et Saint-Georges. Les dépenses reliées à ces procédures sont remboursées par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, qui encourage cette pratique.
Suivi rigoureux
Pascal Rochette, chef de la décision de l’ingénierie du milieu à la Ville de Châteauguay, indique qu’un suivi rigoureux est fait à chaque jour pour assurer un taux de fluor optimal dans l’eau potable. «Nous ajustons la concentration à la dose recommandée de 0,7mg par litre, explique-il. Nous effectuons un test par jour en plus d’envoyer six échantillons par semaine dans un laboratoire externe», assure l’ingénieur.
Ceux qui consomment l’eau de Châteauguay
6 villes : en plus de Châteauguay, Mercier et des parties de Sainte-Martine, Léry, Saint-Isidore et Saint-Urbain-premier.
70 000 : population totale desservie en eau potable par le réseau de la Ville de Châteauguay.
