«Peut-être qu’on a surestimé nos forces et sous-estimé la température», confie Nico Richard, qui revient d’une expédition dans le Nord qu’il qualifie d’«échec».
Au mois d’août, le Soleil de Châteauguay publiait un article expliquant le projet de ce Châteauguois qui planifiait une traversée de la Dempster Highway à vélo, avec un ami. Les deux aventuriers étaient habitués à ce genre d’expéditions, M. Richard en ayant déjà quelques-unes à son actif (Amérique centrale, Équateur).
Météo imprévisible
Les embûches ont commencé au jour deux : le phénomène El Nino aurait déréglé le thermomètre du Grand Nord. Ils ont donc goûté à la neige, à la grêle, à la pluie glacée ainsi qu’à d’épais brouillards. Sur les 17 jours d’expédition, ils n’ont eu que deux jours de soleil.
La Dempster Highway, qui est une route en gravier, s’est transformée en un enfer de boue. «C’était pratiquement plus rapide de marcher à côté de nos vélos», remarque l’aventurier qui devait, rappelons-le, transporter 70 lbs de bagages. «Tout était mouillé. Tout était plus lourd», dit-il.
Deux ours le même jour
Pour ajouter au défi, les deux hommes ont eu à faire face à un grizzly curieux. «La bombe anti-ours et nos tactiques pour l’effrayer n’ont pas réussi. On ne pouvait pas virer de bord. On a donc sorti nos bonbonnes de poivre de Cayenne et on a avancé. L’ours continuait aussi à s’approcher. Il était à trois mètres de nous. Il nous a regardés passer», raconte M. Richard, soulagé par ce dénouement qui aurait pu être tragiquement différent. «Arrivés dans un petit village, on a montré les photos qu’on avait prises de l’ours, et les gens de là-bas nous ont dit que c’était un mâle particulièrement gros, et que le poivre de Cayenne n’aurait pas eu beaucoup d’effet sur lui», renchérit M. Richard.
La même journée, ils ont rencontré un autre ours. Beaucoup plus petit, cette fois, mais qui a tout de même eu un effet perturbateur sur les voyageurs fatigués.
L’abandon
À coup de jours difficiles, la fatigue et l’épuisement ont fini par avoir raison d’eux. «Ce n’était pourtant pas notre premier voyage, mais peut-être qu’on avait une sorte de surconfiance en nos capacités», constate avec le recul M. Richard.
Ils ont finalement abandonné après 409 km parcourus sur les 777 prévus.
Ils ont fait de l’auto-stop (même s’il passait un véhicule aux six heures) et ont profité de la générosité d’un photographe Suisse, puis d’un couple d’Autrichiens qui leur ont fait une place dans leur véhicule récréatif. «Même en véhicule, la Dempster Highway était extrêmement périlleuse à cause de la température imprévisible», signale M. Richard.
À propos de la Dempster Highway
La route débute à environ 40 km de Dawson City, au Yukon. Elle relie la Klondike Highway (Yukon) à la Ville d’Inuvik (Territoires du Nord-Ouest). Elle est dans sa quasi-totalité en gravier. Sa construction, motivée par l’exploitation de pétrole, a débuté autour de 1958 et s’est terminée en 1979. (Sources : Wikipédia et yukoninfo.com)
Quatre points forts du voyage
Après le négatif, voici le positif. Car il ne faut pas laisser en reste ces deux jours où le soleil s’est pointé pendant l’expédition de Nico Richard sur la Dempster Highway. Deux jours qui lui ont laissé de magnifiques impressions, dont voici les plus marquantes:
1-Les couleurs pourpres et jaunes
2-Les paysages à l’infini
3-Le silence. Le seul bruit est celui de notre respiration.
4-La solidarité des autres voyageurs et des habitants des villages nordiques
