Alex et Anne montent régulièrement dans l’autobus qui assure le trajet de Salaberry-de-Valleyfield à Montréal. Le 22 décembre, Le Soleil de Châteauguay a fait un bout de chemin avec eux.
Ce premier jeudi de la saison hivernale, de gros flocons tombaient au sol en matinée. Les routes étaient enneigées. «Je n’ai pas de déneigement à faire», a apprécié Alex. Le résident de Beauharnois agent de sécurité à Châteauguay voyage en autobus depuis deux ans par choix, a-t-il dit. Jeudi, les écouteurs dans les oreilles, le travailleur parlait peu à bord. «Je suis fatigué (ce matin)», a-t-il précisé à voix basse. À l’occasion, Alex dit prendre sa voiture pour se rendre au travail; un moyen plus rapide selon lui.
De Huntingdon à Montréal
Anne demeure à Huntingdon. Elle aussi se tourne vers l’autobus les jours où Dame nature est capricieuse. «Vous voyez la route ce matin. Ce n’est pas de bonnes conditions», a-t-elle fait remarquer.
Le 22 décembre, la retraitée se rendait à Montréal faire des courses. Pour Anne, l’autobus représente un moyen de déplacement sans plus. «C’est du transport. S’il y avait le train, je le prendrais, mais il n’y en a pas. Je veux juste me rendre à Montréal, j’ai tellement de difficulté à me rendre de Huntingdon à Montréal ça n’a aucun sens (…). Pourquoi nous avoir enlevé notre autobus qui était fantastique. Pourquoi?», a-t-elle confié.
Anne raconte que les services de trains et d’autobus, aujourd’hui disparus, ont été implantés dans la région de Huntingdon dans les années 1930. L’absence du transport en commun dans son coin de pays devient problématique pour elle. Le 22 décembre, elle a dû se tourner vers le Taxibus, un service de transport collectif en milieu rural par voiture ou fourgonnette, pour franchir la distance séparant Huntingdon du terminus d’autobus à Salaberry-de-Valleyfield. Elle est montée à bord de la voiture-taxi à 7 h 15, à Huntingdon. Après deux arrêts en route pour y déposer autant de passagers, la voiture-taxi a terminé sa course au terminus d’autobus trop tard pour le départ de 7 h 50. Anne a dû patienter jusqu’au suivant. «Si j’avais manqué l’autobus de 8 h 30, ça aurait été grave. Le prochain autobus est à 10 h. C’est une attente de 1 h 30 avant de commencer ma journée de transport, de Salaberry-de-Valleyfield à Angrignon, puis au centre-ville de Montréal», a-t-elle expliqué.
Bien qu’elle note une déficience du réseau de transport en commun, Anne l’apprécie. «Les travaux à Montréal, le pont Mercier… il y a un bouchon presque en permanence. Si on est en voiture, on attend avec les autres voitures. (…) Les voitures sont arrêtées, ils (les automobilistes) ne comprennent pas que c’est plus vite en autobus», a-t-elle reconnu.
