Les médecins de famille de la Montérégie estiment que l’entente survenue entre la Fédération de médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le gouvernement offrira des gains pour les Québécois, «ce qui est le plus important». Elle espère toutefois convaincre les quelque 70 médecins de la région qui, au vu de la Loi 2, avaient entamé des démarches pour quitter la première ligne.
L’entente «permettra d’aider à stopper l’hémorragie de médecins à laquelle à nous assistions avec impuissance», croit la présidente de l’Association des médecins de famille Richelieu-St-Laurent (AMORSL), Dre Caroline Delisle.
L’AMORSL regroupe les médecins de famille œuvrant sur le territoire du CISSS de la Montérégie-Est, du CISSS de la Montérégie-Centre et sur une partie du territoire du CISSS de la Montérégie-Ouest.
«Comme cela a été bien documenté durant la négociation, les ressources en première ligne doivent aussi être au rendez-vous; au premier chef, les médecins eux-mêmes. Malheureusement, cette bataille a fait mal et elle laissera des cicatrices», avance la Dre Delisle.
Rappelons que l’entente de principe conclue entre la FMOQ et le gouvernement provincial a été approuvée à 97% par les médecins de famille, le 19 décembre. En vertu de cette entente, les pénalités liées à la non-atteinte d’objectifs de performance ont été retirées, tout comme les pastilles de couleur qui classaient les patients selon leur degré de vulnérabilité. Les médecins sont aussi libérés de l’obligation d’affilier toute la population à un milieu de soins d’ici janvier 2027.
Ces éléments de la Loi 2 avaient été largement décriés par les fédérations de médecins. Plusieurs médecins de famille ont menacé de quitter le Québec. Sur le territoire de l’AMORSL, plus de 70 avaient entrepris des démarches pour quitter la première ligne ou en diminuer leur présence.
«Nous tenterons de les convaincre de reconsidérer leur décision, soulève la Dre Delisle, qui dirige la clinique La Cigogne à Longueuil. Pourvu que cela soit possible pour eux. Reste que ces départs rendent l’atteinte de l’objectif plus difficile. On se rappelle qu’il manquait déjà 2 000 médecins de famille avant même cette crise. Mais nous voulons tous offrir plus d’accès de première ligne aux Québécois. Et nous travaillerons ardemment en ce sens.»
L’adoption de la Loi sur la rémunération des médecins a été repoussée au 28 février, le temps que les amendements prévus dans l’entente de principe y soient apportés.
Gains
En matière de rémunération, l’entente fait passer la portion de capitation (nombre de patients pris en charge) de 30% à 50% des revenus en clinique ce qui, selon l’Association, favorise un modèle basé sur l’accessibilité et la pertinence.
Le regroupement salue également la prévisibilité qu’entraîne le maintien du programme GMF (groupe de médecins de famille). Au cours des dernières semaines, des cliniques avaient dit craindre la fermeture en raison des nouvelles modalités de la Loi 2.
AMORSL se réjouit de plus que l’entente assure la continuité de la télémédecine et le soutien de la pratique médicale afin d’inscrire 500 000 nouveaux patients.
La présidente de l’Association perçoit l’arrivée d’une nouvelle ministre à la Santé, soit Sonia Bélanger, les modifications apportées à la Loi 2 et la volonté des médecins de soigner «le plus et le mieux possible» la population comme «des ingrédients porteurs d’espoir pour l’avenir».

