L’aventurier Daniel Chalmel entame sa 5e traversée de l’océan Atlantique en voilier qu’il a construit de ses propres mains. Il était sur son départ le mercredi 10 juin, à un quai privé à Châteauguay.

Rien n’arrête ce Châteauguois de 66 ans, pas même les tempêtes qu’il pourrait rencontrer en haute mer. « La première fois, c’est l’inconnu, mais ensuite, c’est plus de la chance, tu as du beau temps et du mauvais temps. C’est toujours vers le côté des Bermudes que tu te fais le plus tabasser », raconte le capitaine du voilier DAMALU. Avec son système informatisé de radar et d’orientation en mer, il débute sa traversée par le fleuve Saint-Laurent en naviguant de l’intérieur. Tout y est; un radar anti-abordage, un routeur pour avoir accès à ses courriels et aux bulletins météo et une radio pour communiquer avec les autres navigateurs.

Pour une petite partie de son trajet, sa bien-aimée Madeleine l’accompagnait jusqu’aux écluses de Beauharnois. « Il faut avoir des connaissances avant de partir. Quelqu’un qui voudrait le faire devrait s’en louer un pour deux ou trois semaines avant de voir s’il aime ça », soutient-il. Le globetrotteur a préparé ses vivres confits, les armoires de rangement de son bateau à voile débordent de contenants remplis de saveurs de viande parfumée d’épices. « J’ai fait ça pendant l’hiver », lance-t-il.

Rafales blanches

Sa destination : Le Brésil. Pourquoi? « Parce que j’y suis jamais allé », répond-il l’air candide et amusé. La marée ne lui fait pas peur, son courage est bien senti. « Quand tu arrives près des Bermudes, tu peux être confronté aux rafales blanches, elles arrivent sans prévenir. C’est des vents de 60 à 70 noeuds », laisse-t-il entendre. Son plus long trajet sur mer est de 31 jours. D’Halifax, il se dirigeait vers le Venezuela.

Objectif Sénégal

Entretemps, M. Chalmel songe arriver au Sénégal au plus tard en septembre. S’ennuie-t-on en haute mer? « Je ne m’ennuie pas, je lis beaucoup », confie-t-il en faisant remarquer la collection de livres classés dans son véhicule flottant. Sa dernière escale au Québec sera la Rivière-au-Renard avant de braver l’océan Atlantique et les Bermudes. Le capitaine de DAMALU laissera tomber l’ancre de son voilier à Martinique, dans les Caraïbes, pour y  revenir en avion.

À propos de DAMALU

Ce bateau à voile a été entièrement construit par le Châteauguois Daniel Chalmel. Il lui aura fallu 10 ans avant de pouvoir le faire naviguer. Toutes les installations aussi complexes soient-elles ont été bâties par ce dernier. Son talent manuel lui vient de sa formation de machiniste et de cours en ébénisterie.