Pour une première dans son parcours d’artiste, Tali Levesque, de Mercier, sera la créatrice d’une œuvre monumentale exposée de façon permanente au futur centre de soins palliatifs implanté dans la région d’ici trois ans.
«Je suis tellement excitée par ce projet-là», dit d’entrée de jeu l’artiste multidisciplinaire. «L’oeuvre publique, moi je veux que les gens se l’approprie et ressentent quelques choses devant l’œuvre», soutient-elle. Ce projet fait appel à toutes ses compétences et elle s’en réjouit. La fondation Gisèle Faubert l’a approchée afin de participer au développement du projet de bâtir un centre de soins palliatifs dans la région. «Ils ont eu un éclair de génie de faire appel à un artiste de la région pour faire une œuvre monumentale dans le hall d’entrée», soutient-elle.
Tali Levesque croit que son style artistique a attiré l’attention au fil de son projet à Lac-Mégantic.
Pour l’œuvre du futur établissement de santé, l’idée de conceptualiser un arbre et ses feuilles lui a été proposée. «Chaque feuille, c’est un don qu’une personne va faire pour le centre», renseigne la principale intéressée. Une campagne de financement débutera au début de l’année 2018, selon Audrey Chartier, coordonnatrice du projet. Le lieu du centre n’est pas encore connu, mais le projet devrait voir le jour en 2020.
Les folioles des donateurs
Elle a baptisé les petites parties végétales, Les folioles, qui seront installées sur le mur qui accueillera l’arbre sculpté à l’entrée du bâtiment. La conceptrice a déjà commencé son processus de création en formant les figures en argile avant de les rendre en poudre de bronze. La sculptrice s’est inspirée des rameaux, les bourgeons et le chêne pour catégoriser ses pièces. À partir de cette première ébauche, des boîtiers permettront de suggérer aux donateurs l’achat des folioles nées des mains de Tali Levesque.
Côtoyer les gens à leurs derniers instants
En 2016, Tali avait déjà exploité le thème du décès dans un projet de création d’urnes personnalisées. «On dirait que tout s’emboîte, remarque-t-elle. Dans la société, pour tous ceux qui passent par les soins palliatifs, il est important qu’ils aient les meilleurs soins possibles», croit l’artiste. Elle a déjà accompagné un membre de sa famille vers la mort et a pu observer la dynamique des soins de fin de vie. «C’est des grandes âmes qui prennent soin de ces gens-là et arriver à dealer avec les proches qui sont en deuil.»
«Ce n’est pas la mort, c’est l’histoire des gens qui est intéressante. Il y a des gens qui décèdent et qui ne sont pas entourés de leurs proches, mais qui ont des vies extraordinaires qui ne sont pas écrites, qui ne sont pas dites d’une façon folklorique. […] Ils partent avec leurs bagages et on n’en entend plus parler. Dans le fond, la mort, ce qui m’attire beaucoup de cette période-là, c’est le chemin de chacun. C’est leur parcours qui est inspirant», confie-t-elle.
Fondation Gisèle Faubert
Feue Gisèle Faubert a créé la fondation qui porte son nom en 1999. Ce, pour soutenir des familles avec des enfants malades. L’organisme a ajouté à sa mission la mise en place d’une maison de soins palliatifs dans la MRC de Roussillon. Une ressource actuellement inexistante sur le territoire.
