La Table des préfets et élus de la Couronne sud (TPECS) a invité les principaux partis à répondre à des questions de maires et mairesses sur la Rive-Sud lors d’un événement organisé à Mercier le 9 septembre. Le sujet principal : le transport en commun et son financement qui pèse lourd dans les budgets des villes.

Sur les cinq partis invités, trois étaient présents et représentés par des candidats dans la circonscription de Châteauguay : Félix Rhéaume du Parti libéral du Québec, Marie-Belle Gendron de la Coalition avenir Québec et Yannick Trudeau du Parti Québécois.

Le financement du transport en commun est un gros enjeu pour de nombreuses municipalités qui verront leur facture doubler dans les prochaines années pour payer, entre autres, les déficits accumulés.

Financement et coupures de services

Le maire de Delson Christian Ouellette a demandé aux candidats de nommer les mesures concrètes que leur parti propose pour assurer une stabilité de financement et par la bande une stabilité de service. En posant sa question, il a illustré les défis auxquels sont confrontées plusieurs municipalités. «On ne s’appelle pas tous Longueuil, Montréal ou Laval. Quand on a une ville qui a quatre autobus qui passent sur le territoire et qu’on nous dit : il faut que tu coupes 25 %… c’est [désormais] trois autobus qui passent».

Le candidat du Parti Québécois Yannick Trudeau a répondu qu’il ne donnerait pas de mesures concrètes, misant plutôt sur un changement «global». Il a mentionné vouloir «procéder à un dégraissage de toutes les structures administratives supplémentaires qui ont été mises en place pour pouvoir réinjecter les ressources sur le terrain».

La députée sortante et candidate de la CAQ Marie-Belle Gendron a dit pour sa part que l’équipe Christine Fréchette est ouverte à réajuster certains programmes en transport en commun. Elle a précisé qu’elle ne pouvait pas s’étendre davantage puisque Mme Fréchette annoncera bientôt des engagements en transport en commun.

Le candidat libéral Félix Rhéaume a rappelé que « le transport en commun, c’est un service public. Il faut arrêter de voir ça comme une dépense et qu’il faut équilibrer les budgets». M. Rhéaume a indiqué que son parti augmentera l’enveloppe globale pour le transport en commun, ce qui aidera les municipalités.

À quand un lien est-ouest ?

Le maire de Châteauguay Éric Allard a quant à lui demandé aux candidats ce qu’ils allaient faire concrètement pour favoriser un lien est-ouest dans le Roussillon, un projet en discussion depuis des années.

rencontre candidats TPECS
Le maire Éric Allard questionne les candidats Marie-Belle Gendron (CAQ), Félix Rhéaume (PLQ) et Yannick Trudeau (PQ). (Photo : Le Soleil – Valérie Lessard)

Marie-Belle Gendron a répondu que le gouvernement Fréchette était «toujours favorable à l’ajout de ce tronçon», mais a rappelé par la suite qu’il faut respecter la capacité de payer des gouvernements, des municipalités et des usagers.

Félix Rhéaume, du PLQ, s’est engagé à développer un corridor «qui va permettre de relier Châteauguay au reste de la Rive-Sud». Il croit que la ligne 901 récemment ajoutée entre Longueuil et Delson devrait se poursuivre jusqu’à Châteauguay.

Yannick Trudeau, du PQ, est revenu sur l’importance de revoir le financement du transport en commun. «Oui il faut la développer [la ligne est-ouest], mais pour la développer il faut qu’on revoie la façon qu’on finance [le transport en commun]».

L’achat d’autobus : une iniquité

La discussion sur le transport en commun s’est terminée avec une question du maire de Sainte-Julie Mario Lemay qui a demandé aux candidats de se positionner sur l’iniquité du financement pour l’achat d’autobus.

Les sociétés de transport comme celles de Longueuil et Montréal ont accès à des programmes de subvention pour l’achat des véhicules. Par contre, exo, qui dessert la Rive-Sud de Montréal, n’a pas accès à ce type de financement puisque, selon son modèle d’affaires, elle octroie un contrat à un transporteur qui, lui, est propriétaire des autobus.

Le candidat libéral a dit qu’il était d’accord à ce que les règles changent afin qu’elles soient plus équitables. Le candidat péquiste a répondu ne pas prendre d’engagement au nom du parti, mais a précisé qu’il travaillerait pour s’assurer que tout le monde soit sur le même pied d’égalité.

Finalement, la candidate caquiste a mentionné que le gouvernement avait déjà des discussions avec exo pour changer leur modèle d’affaires afin qu’ils aient accès à des subventions.