En vue des élections provinciales cet automne, la MRC de Roussillon interpelle les candidats afin d’assurer son positionnement en matière d’économie, d’environnement, d’agroalimentaire et de mobilité active au cours des prochaines années.
La préfète de la MRC de Roussillon Lise Michaud appelle les candidats à réfléchir à la création d’un corridor économique le long de l’autoroute 30 favorisant l’installation d’entreprises qui profiteront de nouvelles installations, dont l’aéroport à Saint-Hubert, entre autres. Le problème? Les investisseurs seraient au rendez-vous si le zonage permettait le développement industriel. La vocation des espaces vacants s’avère agricole. Or, les terres ne sont plus cultivables depuis le passage de l’autoroute 30, explique Mme Michaud. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) limite le développement. «Il faut sortir les terrains de la zone agricole pour les exploiter», demande-t-elle.
Le projet de réhabilitation du bassin versant de la rivière Saint-Régis demeure un dossier «prioritaire». L’injection de 1,3 M$ de Québec pour la mise à jour d’études réalisées en 2016 est attendue. À cette somme, la MRC de Roussillon demande aux candidats un investissement supplémentaire de 20 M$, soit l’équivalent de l’apport du fédéral, en vue de la réalisation du projet. Le bassin versant s’étend de Saint-Rémi à Sainte-Catherine.
Les berges de la rivière Saint-Régis s’érodent. «Il y a des propriétés sur le bord du précipice. En ce qui a trait aux pertes, c’est l’équivalent d’un pied de berge par année pour les agriculteurs», soutient la préfète.

La Municipalité régionale de comté questionne également les candidats aux élections provinciales sur divers projets nécessitant un soutien financier avant de voir le jour.
La décontamination d’un terrain de La Prairie, site du futur Centre de conservation et de recherche en archéologique de la Montérégie, tarde. Lise Michaud souhaite également des dollars pour réaliser le Centre qui servira l’ensemble de la Montérégie. Le bâtiment abriterait le Musée d’archéologie du Roussillon.
Mobilité active et autonomie alimentaire
En matière de mobilité active, la MRC de Roussillon rêve du jour où elle pourra contribuer à la finalité de la Route verte à l’échelle de la province en aménageant d’une passerelle multifonctionnelle au-dessus de l’autoroute 30 à la hauteur de Saint-Constant. L’argent n’arrive pas, car les coffres de la Trame verte et bleue de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sont vides, mentionne Mme Michaud. Le projet totalise 8,9 M$. La MRC s’engage à verser 1,8 M$. «On demande à Québec de reconduire et bonifier le programme», dit la préfète.
Les élus du Roussillon aimeraient bien atteindre l’autonomie alimentaire si Québec l’aidait à développer un Hub agroalimentaire en Montérégie-Ouest. Le Hub serait un centre de logistique en vue de valoriser les produits locaux. «Ça serait un bâtiment avec une cuisine communautaire pour la transformation de matières premières, un centre pour une distribution à un plus gros volume», explique Lise Michaud. Le Hub agroalimentaire pourrait simplifier l’approvisionnement en produits locaux de grands consommateurs, dont les hôpitaux et les centres de la petite enfance.
L’efficacité du transport collectif est sur pause. D’un côté, les coûts de fonctionnement grimpent et de l’autre, le financement de Québec est en diminution. Il le sera jusqu’au 31 décembre 2028. «À partir de 2029, on part de 40 M$ cette année à 100 M$ de déficit pour 40 municipalités. C’est impossible d’assumer ce déficit», indique la préfète. La MRC demande à Québec de reconnaître le déficit des trains de banlieue, soutenir le transporteur exo pour l’achat d’autobus hybrides et l’implantation de garage ainsi que revoir le financement du transport adapté en fonction de la réalité.


