Les sources d’eau potable des municipalités sont sujettes à des menaces au quotidien. En 2024, la Ville de Châteauguay a défini des mesures afin de réduire la présence de contaminants à proximité de ses prises d’eau.
Les mesures sont regroupées dans le Plan de protection des sources d’eau potable de la Ville de Châteauguay 2025-2030. Cet ouvrage découle d’un rapport d’analyse de vulnérabilité des sources d’eau potable produit en 2021. Le rapport renfermait des menaces touchant les sources d’eau potable.
Contaminants
Les contaminants dans l’eau prennent plusieurs formes. À Châteauguay, l’administration municipale se concentre sur les sources «les plus importantes au cours des prochaines années», peut-on lire dans le plan de protection. Il s’agit des substances organiques, comme les concentrations de benzo(a)pyrène. Le plan de protection soulève des hypothèses en ce qui a trait à la provenance des substances. C’est le cas des canalisations, les lagunes de Mercier, le fleuve ou encore d’industries voisines.
L’administration municipale considère importantes quatre autres menaces, soit les espèces exotiques envahissantes physiques, la turbidité, les microorganismes et les substances organiques. Les moules zébrées sont visibles en raison de la contamination des plans d’eau. L’eau est trouble à proximité des prises. Plusieurs facteurs sont en cause, dont l’agriculture et l’épandage de sels sur les routes. La bernache du Canada, omniprésente dans la région, contribue également à la situation. La présence de terres cultivées et la possibilité d’installations septiques non conformes s’ajoutent.
Des mesures devaient être mises en place en 2025. Certaines ont été réalisées, d’autres pas. Châteauguay devait discuter avec Mercier et Léry sur l’importance de la conformité des installations sanitaires autonomes. Rien n’a été fait. Une collaboration s’avère nécessaire; Châteauguay ne pouvant demander des preuves de conformité d’installations en dehors de son territoire, précise Sarah-Maude Geneau, conseillère en communication à Châteauguay.
La Ville devait établir un portrait des bandes riveraines. Le contrat devrait être octroyé à l’automne, avise Châteauguay. Le maintien des plongées pour retirer les moules zébrées et celui du fonctionnement de la station de lavage comptaient parmi les mesures à réaliser en 2025. La Ville y a vu. Une dernière mesure prévue en 2025 : l’application du plan de gestion des débordements. Elle «est également amorcée et se poursuit», selon la Ville.
Parmi les mesures prévues, certaines s’inscrivent dans la planification municipale. D’autres mesures ne pourront être réalisées qu’après des études, l’octroi de contrats, sans oublier des investissements. Le plan de protection sera en vigueur au cours des quatre prochaines années. «La Ville poursuivra leur mise en œuvre d’ici 2030, en fonction des priorités, des ressources disponibles et des possibilités de financement», explique Sarah-Maude Geneau. La réalisation des mesures demandera l’expertise de partenaires, dont la Société de conservation et d’aménagement des bassins versants de la zone Châteauguay (OBV SCABRIC) et le Comité ZIP du Haut Saint-Laurent.
Châteauguay compte huit prises d’eau potable, indique le plan de protection. Où sont-elles localisées? La Ville se limite à dire que certaines prises d’eau potable longent la rivière Châteauguay alors que d’autres se trouvent à même le lac Saint-Louis. «Pour des raisons de sécurité, la Ville ne diffuse pas d’information permettant de les identifier ou de les localiser précisément», explique Mme Geneau.
Qualité et quantités de l’eau
Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) encourage des actions de la part des municipalités, comme la rédaction d’un plan de protection des sources d’eau potable. Ces outils protègent la qualité et conservent les quantités de l’eau en vue des besoins actuels, mais aussi futurs. «Une protection adéquate des sources d’eau potable réduit le besoin d’investir davantage dans la modification ou l’ajout d’un système de traitement de l’eau, la recherche de nouvelles sources ou l’aménagement de nouveaux sites de prélèvement», explique Josée Guimond, relationniste de presse au MELCCFP.
En 2021, Québec a exigé aux municipalités prélevant de l’eau pour un bassin de plus de 500 personnes de concevoir un rapport d’analyse de vulnérabilité des sources d’eau potable, peut-on lire dans le Plan de protection des sources d’eau potable de la Ville de Châteauguay. Les municipalités doivent également mettre à jour le rapport sur une base régulière, informe le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Sur le territoire de Gravité Média, cette consigne a touché Châteauguay, Beauharnois, Candiac, Coteau-du-Lac, La Prairie, Les Cèdres, Les Coteaux, Longueuil, Ormstown, Pointe-des-Cascades, Rigaud, Saint-Clet, Sainte-Barbe, Saint-Isidore, Saint-Lazare, Saint-Polycarpe, Saint-Zotique, Salaberry-de-Valleyfield, la Régie intermunicipale de l’eau potable Varennes, Sainte-Julie, Saint-Amable, Vaudreuil-Dorion et Huntingdon.


