Deux résidents de Châteauguay et leurs familles se rendent au parc Émilie Gamelin, à Montréal, tous les deux samedis pour donner de la nourriture et des vêtements chauds à des personnes en situation d’itinérance. En collaboration avec l’organisme Donner pour aider, Mélanie Lacasse et Armand Provost s’inspirent de leurs vécus pour donner un coup de main à ceux qui en ont besoin.

Armand Provost a commencé à parcourir les rues de Montréal pour offrir des dons aux personnes sans-abri pendant la période des Fêtes de 2019. Lorsqu’il a rencontré le groupe qui s’installe près du métro Berri-UQAM pour venir en aide à plus de 80 personnes, le choix de le joindre n’a pas été difficile, dit-il. Depuis, M. Provost achète entre 100 et 150$ de produits alimentaires et accessoires d’hiver pour les distribuer avec sa conjointe et ses deux fils, qui l’accompagnent souvent aux rendez-vous.

Ayant frôlé l’itinérance il y a quelques années, M. Provost reconnaît l’importance de donner au suivant. « Ça m’a touché, quand je vois ce monde-là, qui n’ont rien mangé, qui n’ont rien dans les mains puis qui gèlent, dit-il. Il faut remettre ce qui nous a été offert ».

Il dit voir un grand manque au centre-ville. « Je pense que les familles qui sont un peu dans le besoin à Châteauguay, ils ont déjà de l’aide. Il y a les centres de partage où on peut avoir de la nourriture et plein d’aide comme ça. Mais les itinérants à Montréal, ils n’ont pas vraiment d’aide. Ils couchent dans la rue. C’est ça qui me touche le plus. »

Donner l’envie d’aider

C’est en regardant une vidéo du bénévolat au parc Émilie Gamelin qu’Armand Provost avait partagé sur Facebook que Mélanie Lacasse a découvert l’organisme. La résidente de Châteauguay a décidé de joindre le groupe avec son conjoint, ses trois fils et sa belle-fille. La famille prépare et distribue assez de sandwichs et paquets de fruits et légumes pour nourrir 80 personnes.  Une expérience formatrice pour ses enfants, soutient Mme Lacasse. « J’ai ne l’ai pas toujours eu facile dans la vie, côté argent, dit-elle. Puis là, je commence à être à l’aise financièrement, ce qui fait que je peux donner au suivant à mon tour. Je trouve que c’est important que les enfants voient ça puis qu’ils participent à ça. Juste d’y avoir été une fois, ils ont vraiment pris conscience de beaucoup de choses. Ce sont de bonnes valeurs à leur inculquer. »

Mélanie Lacasse. (Photo Gracieuseté)

Après avoir partagé son expérience sur les réseaux sociaux, Mélanie Lacasse a reçu à son tour des messages de gens voulant aider. Ayant l’habitude de faire des dons à travers son entreprise de service de traiteur, elle aimerait maintenant former son propre organisme à but non lucratif qui lui permettrait de recevoir et distribuer des dons aux moins privilégiés, incluant les personnes en situation d’itinérance à Montréal. « Ce que j’aimerais beaucoup, c’est d’embarquer les jeunes là-dedans, explique-t-elle. Que ce soit des équipes de hockey, des équipes de baseball : des jeunes, pour qu’ils voient qu’il n’y a rien d’acquis dans la vie. »

Mme Lacasse prévoit l’ouverture de l’organisation pour l’été 2021.