La Ville de Mercier n’a pas l’intention de payer la facture de 4,8 M$ que lui a envoyée Châteauguay concernant les frais supplémentaires pour la desserte policière pour les années 2013 à 2016. «Nous irons en cour si Châteauguay nous poursuit, mais nous ne paierons pas pour des frais injustifiés», commente la mairesse Lise Michaud.
Cette dernière dit ainsi suivre les recommandations du conseiller juridique de la Ville, qui suggère de poursuivre les paiements selon l’entente intermunicipale de 2003, même si celle-ci est échue depuis 2013.
«Toutes les sommes qui sont dues à la Ville de Châteauguay pour la desserte policière, tel que prévu dans cette entente de 2003, sont payées à la Ville de Châteauguay à tous les mois», indique Mercier dans un communiqué publié le 9 août.
Ces sommes comprendraient déjà l’indexation liée à l’augmentation des salaires des policiers, fait valoir la mairesse Michaud. «Le surplus que nous demande Châteauguay reste sans explication et représente plus du double de ce qu’on devrait payer, réagit-elle. Si vous avez une entente avec un fournisseur pour des frais de 1000$ par mois, et que soudainement, il augmente à 3000$ sans dire pourquoi, est-ce que vous allez payer ce montant ?» questionne-t-elle pour illustrer sa position.
Elle se défend d’ailleurs d’avoir été de mauvaise foi, comme le lui reproche Châteauguay, et signale que son intention de ne pas payer pour ces frais supplémentaires a été signifiée aux élus présents dès la première rencontre du 11 février 2014.
Plusieurs aspects du calcul de Châteauguay déplaisent à Mercier, dont celui de devoir payer 273 000$ de plus que Beauharnois. Cette dernière ville, selon Mercier, a une population semblable à la sienne, mais une plus grande superficie de routes à couvrir et un taux de criminalité plus élevé. Le salaire des policiers de Châteauguay est également un irritant.
En attente du décret ministériel
Cette mésentente avec Châteauguay ne compromet pas le processus de création du corps de police autonome à Mercier, soutient la mairesse Michaud, qui dit poursuivre le travail en parallèle. «Nous attendons le décret ministériel pour aller de l’avant», dit-elle sans préciser de date.
Elle ajoute d’ailleurs regretter les «tactiques» de Châteauguay et de la Fraternité des policiers de Châteauguay, «qui font tout pour retarder le processus en nous mettant des bâtons dans les roues».
