CONSTRUCTION. Près d’une cinquantaine d’ingénieurs ont manifesté leur mécontentement dans les négociations de la nouvelle convention collective devant le bureau du député de Châteauguay, Pierre Moreau, jeudi matin.

«On est tannés que le gouvernement serve de club-école. […] Il n’y a pas de négociations. Ils ne veulent pas nous entendre. Ils veulent nous imposer leurs propres chiffres», déplore Stéphane Brassard, représentant syndical de la section huit de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ). Depuis le 24 mai, les ingénieurs de la province sont en grève afin de négocier une nouvelle convention collective échue depuis le 1er avril 2015. Après 52 séances de négociations, l’APIGQ et le président du Conseil du trésor et député de Châteauguay, Pierre Moreau, n’ont toujours pas convenu d’un commun accord. L’une des demandes de l’association est une augmentation salariale de 20 % sur 5 ans. «Nous on demande cet ajustement pour maintenir l’écart (salarial) entre le gouvernement et le privé», soutient M. Brassard.

En entrevue à l’émission Gravel le matin, à la première chaîne de Radio-Canada, Pierre Moreau a indiqué que de céder 20 % sur l’ensemble de l’échelle salariale sur 5 ou 7 ans serait «inacceptable». Il maintient sa position en mentionnant qu’en moyenne, 50 % des ingénieurs de l’État ont un salaire annuel de 80 000$ et un fonds de pension avantageux. L’APIGQ déplore également l’inaction du gouvernement envers le maintien et l’amélioration de l’expertise en ingénierie. M. Moreau a fait part que 29 % des ingénieurs avaient plus de 10 ans d’expérience.

Ce dernier croit que les négociations vont aboutir à une entente avant d’adopter une loi spéciale pour obliger ces professionnels à retourner au travail.

Quant aux dernières propositions faites lors de la dernière rencontre de négociations, une réponse est attendue ce jeudi. L’association regroupe 1400 ingénieurs de la fonction publique.