Des employés de la Ville de Beauharnois ont manifesté leur mécontentement lors de la séance publique des élus de cette municipalité le 4 juillet. Le maire Claude Haineault a réfuté leurs doléances et les a invités au dialogue.

Quelques dizaines de syndiqués étaient rassemblés devant l’hôtel de ville de la rue Ellice à l’heure de la réunion du conseil municipal. Certains commandaient un repas à un camion nourriture stationné devant. Des voitures de police aux gyrophares actionnés étaient immobilisées tout près. Des agents veillaient au grain. Des sons de trompette typiques des arénas fendaient l’air. Sur des pancartes, des messages dénonçant un «climat de terreur» et «l’intimidation».

Complexe aquatique

«On manifeste contre l’intimidation dans notre milieu de travail et le climat de terreur cautionné par l’employeur», a fait part Jocelyn Léveillé, président de la section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) représentant 65 employés cols bleus et cols blancs permanents de la Ville de Beauharnois, plus des temporaires.

Plus précisément, M. Léveillé a exposé que les employés avaient refusé, le vendredi précédent, de participer à la construction du complexe aquatique projeté à Beauharnois. «On a des problématiques là-dessus parce que ça comporte des clauses de la CCQ. On n’est pas affiliés à ça nous autres. Les employés ont rejeté l’offre de l’employeur. Et l’employeur nous a fait des menaces de congédier l’ensemble des employés si on n’allait pas de l’avant avec ce projet-là», a-t-il affirmé en entrevue.

Les syndiqués protestaient aussi contre le congédiement de trois employés «sans raison valable», à leur avis.

Période de questions

M. Léveillé a profité de la période de questions du public pour adresser ses doléances au conseil municipal. Concernant les congédiements, le maire Haineault a rappelé qu’il y avait une procédure prévue à la convention. «Si vous voulez contester, vous le ferez», a-t-il noté.

Il a soutenu qu’il n’y avait pas d’intimidation. Il a fait valoir qu’il existait plusieurs comités de relations de travail au sein de la Ville où le syndicat pouvait s’exprimer. «Ce n’est pas ici qu’on négocie les conventions collectives. Si vous croyez avoir été brimés, il y a des clauses dans la convention qui permettent de contester, allez-y», a-t-il déclaré.

Le maire a plaidé que la Ville favorisait le travail effectué à l’interne par ses employés. «Depuis 4 ans, on est rendus 40 employés de plus à la Ville parce qu’on croit beaucoup à fonctionner avec nous-mêmes. Pour ça, ça prend une entente à deux parties. Il faut s’assoir et s’entendre. Ce n’est pas en faisant des manifestations comme celle-là qu’on favorise l’entente entre les deux parties. Je vous invite à revenir vous rasseoir en comité de travail et à reprendre sérieusement les discussions», a observé Claude Haineault.

Selon lui, le projet respecte les normes de la Commission de la construction du Québec et il devra aller rapidement de l’avant. «Il est minuit moins cinq. Décidez-vous. On a des échéanciers à respecter.»

«Je n’ai aucun problème avec ça», a réagi Jocelyn Léveillé. Il a enchaîné en demandant pourquoi la ville avait laissé entendre que des employés comptant jusqu’à 15 ans d’ancienneté pourraient être mis à pied. «On a jamais laissé entendre ça, M. Léveillé», a répliqué le maire. Les syndiqués ont protesté. Leur président a renchéri : «Monsieur, j’étais présent à la séance, on a dit aux employés qu’on était pour les congédier, qu’on allait donner à contrat les usines, la pelouse, les travaux publics…»

«Si on n’a pas d’entente avec la CCQ, on ne pourra pas procéder à des constructions. C’est juste ça qui a été dit», a tranché le premier magistrat, mettant fin à la discussion.