Une quinzaine d’adolescents de Mercier font appel aux élus pour doter la municipalité d’un skatepark. Mercier est une des rares villes de la région à ne pas avoir une telle infrastructure.

Faute d’espace aménagé pour pratiquer la planche à roulettes dans la ville, de nombreux ados se réunissent à l’occasion au terrain de basketball du parc des Hirondelles où ils s’amusent sur quelques modules faits maison. Il leur arrive également de pratiquer leur sport préféré dans la ville, ce qui peut irriter certains citoyens. «Si on avait notre skatepark, on n’irait plus dans les spots  de la ville qui peuvent déranger», mentionne Manuel Juarez. «Ceux qui jouent au baseball ont des terrains de baseball, ceux qui jouent au tennis ont des terrains de tennis, même chose pour le basket et le soccer. Mais pourquoi nous on ne pourrait pas avoir de skatepark?, se questionne Alec Belisle. On a besoin de ça pour en faire.»

Le défi de l’acceptabilité sociale

Pour convaincre les élus de Mercier d’exaucer leur voeu, une quinzaine d’ados se sont présentés à une séance publique du conseil de ville cet automne. «Les membres du conseil ont la volonté d’avoir cette infrastructure, a fait savoir la mairesse de Mercier Lise Michaud.  Ce n’est pas la première fois que le conseil ou la commission scolaire a cette volonté. Par contre, on a toujours été confronté à un problème à l’endroit où on voudrait l’installer.» Selon Mme Michaud, les dernières tentatives ont échoué parce que les résidents du secteur ne voulaient pas de skatepark  près de chez eux. «On ne peut pas l’imposer dans un secteur de gens qui n’en veulent pas, soutient la mairesse. Le gros du travail sera de trouver l’endroit et d’avoir une acceptabilité sociale.»

Dépasser les préjugés

Les ados rencontrés dans le cadre de ce projet se disent conscients des préjugés et des risques souvent associés à un parc de planches à roulettes. «Ce que je trouve dommage, c’est que les personnes ont une mauvaise image de ceux qui font des sports extrêmes, souligne William Ross, adepte de la planche à roulettes. Ils pensent qu’on est des mauvaises personnes, mais ce n’est tellement pas ça. Ils vont penser qu’on va faire du grabuge dans le skatepark, mais au contraire on va l’entretenir, on va le garder propre.» Les sportifs sont d’accord à ce qu’une instance comme la Maison des jeunes encadre l’endroit comme c’est le cas à Châteauguay.

Les élus de Mercier ont convenu de créer un comité qui étudiera les options pour la création d’un skatepark à Mercier. Les jeunes sont fortement invités à y participer. «C’est important que les jeunes participent parce que c’est vous qui savez ce qui peut être bon comme module dans un skatepark», a mentionné le conseiller municipal Martin Laplaine, qui participera au comité.

Les skateparks dans la région

  • Châteauguay
  • Beauharnois
  • Sainte-Martine
  • Kahnawake
  • Salaberry-de-Valleyfield

Maison des jeunes de Mercier

Skatepark :la demande numéro 1 des ados

Pour le directeur de la Maison des jeunes de Mercier, Daniel Melanson, il ne fait aucun doute qu’un skatepark  serait bienvenu dans la municipalité. «Chaque fois qu’on fait des conseils municipaux de jeunes, c’est la première chose dont les jeunes nous parlent», souligne-t-il. Il s’agit, selon lui, de l’infrastructure par excellence chez les ados.

La Maison des jeunes de Mercier s’était d’ailleurs engagée dans un projet de skatepark  à Mercier en 2010, en collaboration avec la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries. «Le projet était assez avancé. Il était prévu dans la cour de l’école Saint-René, mais des citoyens du secteur ont fait une pétition parce qu’ils n’en voulaient pas chez eux», raconte-t-il. Ce genre de projet a souvent mauvaise presse, déplore M. Melançon. «C’est comme pour les Maison des jeunes, tout le monde est pour la vertu, mais personne n’en veut près de chez lui», illustre-t-il.