De l’argent provenant de crimes contribuera à aider des jeunes de la région.
«Ironiquement, ce sont les produits de la criminalité qui servent à prévenir la criminalité», a lancé Pierre Moreau, député de Châteauguay et président du Conseil du trésor, de passage, jeudi, à la Maison des jeunes de Mercier. Il y a livré un chèque de 25 000 $ octroyés en vertu d’un programme du gouvernement du Québec prévoyant le partage de biens saisis par la police entre divers organismes.
La subvention aidera à financer la mission de deux «travailleuses de milieu», Frédérique Préville-Gloutney et Audrey St-Cyr, oeuvrant auprès des jeunes de 12 à 25 ans à Châteauguay, Mercier et Sainte-Martine. «Les trois villes investissent aussi dans le projet ainsi que la Table de concertation jeunesse», a souligné Daniel Melanson, directeur de la Maison des jeunes de Mercier, qui gère le programme de «travail de proximité» dans la région.
Travail de «milieu»
Les travailleurs de milieu vont à la rencontre des jeunes dans les cours d’école, les parcs, les maisons de jeunes ou la rue pour leur offrir du soutien et développer des projets, a expliqué M. Melanson.
«On fait de la prévention à plein de niveaux. Ça peut être un jeune qui va bien et qui a envie d’en parler à quelqu’un. Ça peut être quelqu’un qui est dans le trouble, qui ne sait pas quoi faire», a fait part Frédérique Préville-Gloutney. «On peut distribuer tout simplement des condoms. Ou un jeune s’est chicané avec ses parents, et nous on va essayer de l’aider là-dedans, trouver des ressources», a ajouté Audrey St-Cyr. «C’est beaucoup de la référence qu’on fait», a renchéri sa collègue.
Gagner la confiance
Ancien travailleur de rue maintenant coordonnateur de l’Élan des jeunes, Marc-Antoine Boisvert a laissé entendre que gagner la confiance des ados est un travail de longue haleine. «Au début, quand j’étais travailleur de rue, des jeunes pensaient que j’étais un policier undercover. Ils se sauvaient presque», a-t-il témoigné.
Travailleur de rue à Châteauguay, Daniel Bellefeuille a abondé dans le même sens. «Avoir une ouverture des jeunes, ça peut prendre des mois. C’est important de rester longtemps sur le terrain», a-t-il informé.
Financement
Dans cette optique, la directrice de la Maison des jeunes de Châteauguay, Lynda Proulx, a exprimé qu’elle aimerait que le financement soit récurrent. M. Moreau s’est montré ouvert à la demande. Il a répondu que la possibilité d’accorder une «habilitation permanente» aux organismes existants depuis plus de cinq ans serait examinée.
