Contrairement à leur habitude des dernières années, les dirigeants de Coton 46 n’inviteront pas les travailleurs du Suroît à un 5 à 7 de sandwichs aux grillades dans le cadre des célébrations du 1er mai, la Fête internationale des travailleuses et travailleurs.

«Mais c’est pour une bonne raison, compte tenu de la gravité des attaques du gouvernement contre le mouvement syndical, nous convions les travailleurs, les citoyens et les organismes communautaires à se joindre à la mobilisation du 2 mai contre le projet de loi numéro 3, adopté par le gouvernement Legault, malgré l’opposition massive des organisations syndicales, communautaires et universitaires du Québec», indique Daniel Mallette, président de Coton 46.

La manifestation nationale prévue le samedi à Montréal regroupera, selon les dirigeants de la région, des milliers de personnes au centre-ville. «Le 29 novembre, 50 000 Québécois avaient déjà répondu à l’appel. C’est un peu la suite et cette fois on remet ça et on espère être plus nombreux. Au moins, on sera encore plus déterminés», lance le président, entouré de Claudine Desforges, retraitée de la CSN, d’Annick Primeau du conseil central de la CSN en Montérégie et de Pierre Lagrenade, secrétaire de l’exécutif à la Coton.

Un projet qui change tout pour les travailleurs

Depuis plusieurs années, les dirigeants du mouvement syndical estiment être attaqués de front par le gouvernement qui cherche à diviser pour mieux régner. «On a l’impression qu’ils intensifient les attaques avec les lois et les projets de loi contre le droit de grève», plaident les organisateurs.

«Le projet de loi numéro 3 s’attaque directement à la capacité des syndicats d’agir au-delà de la négociation de conventions collectives. Comme le rappelait l’ancienne ministre du Travail, Louise Harel, le syndicalisme québécois a été la bougie d’allumage de réformes importantes qui ont façonné le Québec. Équité salariale, congés parentaux, santé et sécurité au travail, francisation des milieux de travail. Le PL3 vise à refermer cette porte», croit Daniel Mallette.

Pour Coton 46, la CAQ veut empêcher les syndicats de faire des actions politiques. «Pour les travailleurs du Suroît, dans les usines, les entreprises, les services, c’est un recul concret. Un syndicat qu’on empêche de s’impliquer dans la société, c’est un syndicat qu’on affaiblit à la table de négociation aussi.»

Se mobiliser et résister

Sous le slogan Droits Piétinés, Faut Résister, une vingtaine d’organismes ont décidé d’organiser une manifestation monstre qui regroupera des gens de partout au Québec, à Montréal, le samedi 2 mai dès 13 h. «On souhaite des centaines de personnes d’ici. La dernière fois des trois points de départs, nous avions six autobus. On en voudrait au moins autant», lance Annick Primeau.

Plusieurs points d’embarquement, à Valleyfield, Châteauguay et Vaudreuil-Dorion seront disponibles dans le Suroît. Les lunchs seront fournis, mais il faut réserver. L’information sur la manifestation et les départs sera diffusée par les syndicats locaux affiliés Coton 46. Il est également possible de s’inscrire en joignant Pierre Lagrenad au 450 377-9477 d’ici le 29 avril.