Sans contrat de travail depuis janvier 2024, la Fraternité des policiers et policières de Mercier mise sur la médiation pour faire avancer l’employeur. La Ville de Mercier «garde espoir» d’une entente.
«Si on n’enclenchait pas le processus de médiation, rien ne se serait passé», lance Jonathan Jean, secrétaire de la Fraternité des policiers et policières de Mercier. Le syndicat dit avoir informé l’employeur du recours à la médiation à la suite des pourparlers en juin. Les parties se sont rencontrées en octobre. Deux journées supplémentaires sont prévues à la mi-novembre. «Si nous arrivons à une impasse, après les rencontres de novembre, nous nous dirigerons vers l’arbitrage», affirme M. Jean.
L’organisation a présenté «des offres et des solutions» à l’employeur, dit le secrétaire de la Fraternité. La réponse de Mercier : aucune nouveauté. «Elle [la Ville] veut le statu quo. Pour nous, le statu quo est intolérable et inconcevable», ajoute-t-il. Le directeur général de Mercier René Chalifoux réfute ce propos. «Mercier met beaucoup d’efforts pour essayer d’avoir un meilleur environnement de travail», dit-il.
Salaires : écart de 23 %
La première convention collective entre les policiers et la Ville a été signée en 2020. Presque six ans plus tard, le syndicat réclame une convention collective propre au secteur d’activité plutôt qu’une convention comparable à «un duo-tang», image Jonathan Jean. «On est à 23 % de la moyenne de rémunération globale provinciale. On est bon dernier. En comparaison avec l’avant-dernier, on a un écart de 8 %», affirme M. Jean. Outre les salaires, les avantages sociaux et les horaires de travail sont également en jeu. «On est 3 corps de police sur les 12 heures de travail sur une trentaine au Québec. Notre semaine, c’est en moyenne 42 heures travaillées. La moyenne au Québec oscille entre 35 et 38 heures par semaine», poursuit-il.
La Fraternité dit avoir proposé un horaire limitant les rotations des quarts de jour et de nuit pour améliorer la qualité de vie des policiers. «Même à coût zéro, la Ville ne veut pas faire ce changement pour une raison qu’on s’explique mal», indique le secrétaire de l’organisation.
Un autre point sur lequel la convention collective demeure «silencieuse» : le temps de repos entre les quarts de travail. «On a réussi à avoir une entente avec la Ville, mais elle n’est pas conventionnée. […] Les assignations à la cour, quand on est de nuit, rien ne prévoit un aménagement pour que les gens ne soient pas obligés de faire 24 heures pour, après une nuit, être la cour», cite en exemple Jonathan Jean.
Le directeur général de Mercier reconnaît les enjeux financiers. La Ville dit analyser les éléments sur lesquels elle peut «bouger». «Il faut s’entendre avec des conditions raisonnables au final en tenant compte de l’équité externe, l’équité interne, la capacité de payer de la Ville», exprime-t-il.
Le Service de police de la Ville de Mercier s’avère «plus petit» que d’autres corps policiers au Québec, souligne M. Chalifoux. Avec une population de 15 000 habitants, Mercier ne détient pas la même capacité financière que des municipalités environnantes bénéficiant de revenus industriels et commerciaux, soutient-il.
«Pas optimal»
Le service «n’est pas optimal», soutient la Fraternité. Le taux de rétention du personnel au sein du Service de police de la Ville de Mercier est bas depuis sa création en 2017, souligne M. Jean. Les départs impactent les résultats, l’arrivée de nouveaux patrouilleurs également. «Avoir des gens qui connaissent la particularité de la communauté, les gens, le secteur, dans le milieu policier, c’est une plus-value», explique-t-il.


