La Ville de Mercier demande à Québec d’intervenir pour réduire la congestion sur son territoire. Elle attend du gouvernement un plan d’action en lien avec les enjeux de circulation sur la route 138, le classement dans son entièreté, à titre de route provinciale, du boulevard Sainte-Marguerite et l’augmentation de la sécurité sur cette même artère.
L’administration municipale formule ses attentes dans le cadre de la campagne La congestion à Mercier, C’EST ASSEZ!. Elle lance cette campagne «pour ne pas que ça [les enjeux de circulation] tombe aux oubliettes», précise la mairesse Lise Michaud.
Dans des capsules vidéo, la Ville dresse un portrait de la situation à travers les yeux de maires de la région. La route 138, aussi connue sous le nom de boulevard Saint-Jean-Baptiste, traverse les villes de Châteauguay et Mercier, entre autres. «Le trafic commence assez loin de notre côté», mentionne le maire de Châteauguay Éric Allard dans une capsule. L’aménagement d’une voie supplémentaire en direction de Mercier «ne fait pas de doute dans [son] esprit».
Des directeurs municipaux et le président-directeur général de la Chambre de commerce du Grand Roussillon soulèvent également l’impact de la congestion sur leur population et les commerçants.

Des gens d’affaires et des résidents de Mercier, usagers de la route 138, relatent leur réalité au quotidien dans une seconde capsule. Karine Savard, une citoyenne de Mercier, emprunte le boulevard Saint-Jean-Baptiste pour se rendre au travail à Montréal. Durant les heures de pointe, elle évalue à une vingtaine de minutes le temps de déplacement de Châteauguay à Mercier. Cette situation lui occasionne un stress. Chaque matin, la maman de deux enfants doit prévoir ses déplacements en fonction du flux de la circulation. Puis, elle doit demander parfois à son employeur de terminer plus tôt pour aller chercher ses enfants à la garderie. «Je n’ai pas des congés à l’infini» confie-t-elle dans une capsule. Le stress se poursuit jusqu’à la sortie du stationnement de la garderie, à la fin de la journée. «Les autres parents attendent [dans leur véhicule] derrière nous. Il faut que quelqu’un nous laisse passer», poursuit-elle. Une dernière capsule fait état des statistiques.
Sur les réseaux sociaux, les internautes reconnaissent la nécessité de changer les choses. Les propositions sont nombreuses. Aménagement de carrefours giratoires, d’une route de contournement ou encore d’une voie supplémentaire dans les deux directions sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste constitue quelques exemples.
Congestion routière
Pas moins de 21 200 véhicules circulent sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste et 6200 sur le boulevard Sainte-Marguerite chaque jour. Plus de la moitié de ces véhicules proviennent de villes voisines, déclare le directeur des travaux publics, de génie et de l’environnement à Mercier Guillaume Trahan dans une capsule vidéo. Mercier prévoit une augmentation du passage de camions lourds sur ces artères en raison de l’implantation récente d’un centre de distribution dans le Haut-Saint-Laurent.
Les enjeux de sécurité touchent les piétons et les cyclistes, entre autres. Lise Michaud parle d’«une problématique criante». À cela s’ajoutera au cours des prochaines années, l’implantation d’une école secondaire sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste. «Ça va être une école de marcheurs pour plusieurs enfants. Il faut qu’on pose des gestes maintenant. On ne peut pas attendre à la dernière minute», indique-t-elle.
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) et Mercier se partagent la propriété du boulevard Sainte-Marguerite, également une route de transit empruntée en partie par des véhicules lourds à destination de sablières. La Ville voit à l’entretien des tronçons situés de la montée Saint-Isidore vers Châteauguay et de la rue de l’Église jusqu’aux limites de Sainte-Martine. En 2019, Mercier a injecté 11 M$ sur le boulevard Sainte-Marguerite. En transférant cette route à Québec, Mercier mettrait fin à ses investissements.
Étude de la circulation
Mercier réclame des mesures du gouvernement du Québec depuis plusieurs années. Faute d’engagement, elle a sondé sa population sur la congestion routière en 2024 puis financé une étude de la circulation de la route 138 l’année suivante. À court terme, Mercier demande au MTMD d’optimiser les feux de circulation, dont leur programmation, explique Guillaume Trahan. «Les actions à moyen terme touchent plus la géométrie, donc revoir les largeurs de voies, les accotements, ajouter des voies de virage à certaines intersections», fait-il mention dans une capsule.
La députée de Châteauguay Marie-Belle Gendron souligne que les solutions pour atténuer la circulation sur les boulevards Sainte-Marguerite et Saint-Jean-Baptiste engendreraient des mécontentements. «On peut parler de doubler les voies sur Saint-Jean-Baptiste. Il va y avoir quelques expropriations. La piste cyclable pourra-t-elle rester? On peut empêcher les gens de tourner à gauche. C’est des décisions qui ne feront pas l’unanimité», explique-t-elle en spécifiant l’importance de se pencher sur le dossier.
La Ville de Mercier s’adresse aux candidats de la prochaine campagne électorale provinciale prévue cet automne. Elle demande à chacun «des engagements concrets et publics» reliés à cet enjeu. Mercier sollicite également les utilisateurs du boulevard Saint-Jean-Baptiste et les résidents en les invitant à signer une pétition afin de démontrer leur soutien à la mise en place d’un projet structurant pour la route 138.
La Ville de Delson a annoncé en mars une démarche similaire afin de transformer la route 132 en boulevard urbain et, ainsi, atténuer la circulation sur cette artère.


