Si 700 familles de Châteauguay reçoivent un panier de Noël cette année, c’est évidemment grâce à la générosité de la population. Mais c’est aussi grâce au travail de bénévoles. Le Soleil de Châteauguay s’est entretenu avec un de ceux qui donnent (beaucoup) de leur temps pour offrir cadeaux et nourriture aux moins nantis : Michel Miller, président du groupe Saint-Joachim de la Société Saint-Vincent de Paul.
Pourquoi vous engagez-vous dans cette cause?
Quand j’ai pris ma retraite, ça me prenait quelque chose pour m’occuper. (Pour la guignolée), il y a beaucoup de travail de préparation, de classement de papiers à faire. Je suis assez familier avec les ordinateurs. Ça correspondait à ce que j’aime faire.
Après toutes ces années d’implication, trouvez-vous que le portrait des familles dans le besoin a changé?
Les familles nombreuses tendent à augmenter. On voit plus de personnes à faibles revenus qui font des demandes. Des fois, des gens ont des problèmes particuliers. Par exemple, une famille peut vivre un divorce. Ça peut prendre quelques mois pour se réorganiser, même s’ils ont quand même beaucoup de revenus. Ils peuvent avoir besoin d’aide.
Y-a-t-il des livraisons de paniers qui vous ont marqué?
Une des premières que j’ai faites. C’était un samedi matin. J’arrive dans le logement. Je cogne à la porte. J’avais des pains sur le dessus de ma boîte. Les enfants arrivent et disent: «oh! On va avoir des toasts aujourd’hui!» Juste quelques tranches de pain, c’était énorme pour eux autres.
Comment réagissent les gens lors de la livraison des paniers de Noël ?
Il y a des gens qui sont habitués. Quand c’est la première fois, il y en a qui vont être gêné. Certains vont me dire : je vais venir le chercher je ne veux pas que mes voisins le voie. En même temps, on demande aux gens, si possible, de venir les chercher, parce que c’est beaucoup de travail de faire la livraison d’autant de paniers.
Est-ce que vous le réalisez que vous faites une différence dans la vie de ces familles?
Oui, on le voit. Ce que j’aime beaucoup, c’est quelqu’un qui ne revient pas, que je ne revois plus. Pour moi, ça veut dire qu’on les a aidés et que ça va mieux pour eux.
Avez-vous beaucoup de bénévoles ?
Ça varie. Pour la livraison au mois d’août, ça en prendrait quelques-uns de plus. Cette année à la Guignolée, on a manqué un peu de marcheurs. C’est difficile de faire sortir les gens de chez eux. (…)Avant ça, le curé se levait en chaire et du monde se levait. Aujourd’hui, ce sont des gens âgés qui nous aident. J’ai quelqu’un qui faisait des livraisons qui m’a dit : «je dois arrêter je ne suis plus capable». Il venait d’avoir 90 ans.
Combien ça prend de temps pour se préparer à la Guignolée?
On commence au mois de septembre à trouver des boîtes, des sacs à imprimer des feuilles. Au mois d’octobre, une école nous aide à plier les sacs (qui serviront à recueillir les dons de denrées). Dès novembre, on prépare les cartes des trajets de la Guignolée. On sollicite les gens. En décembre, on travaille de la Guignolée jusqu’à la livraison des paniers.

