Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a annoncé en point de presse le 5 janvier que les vacanciers de retour de voyage n’auront pas droit à la prestation canadienne de la maladie pour la relance  économique (PCMRE) de 1000 $. La députée bloquiste de Salaberry-Suroît Claude DeBellefeuille salue le fait que le gouvernement corrige cette faille du programme, mais considère que tout cela aurait pu être évité si la PCMRE n’avait pas été adoptée si rapidement. 

«Au Bloc Québécois, nous saluons ce changement de position du gouvernement libéral. Dans l’intervalle, il faut aviser formellement les vacanciers. Le changement sera apporté. Qu’il sera rétroactif, et qu’ils n’auront pas droit à la prestation. Nous croyons que le message doit être clair. Pour tous les voyageurs qui voudraient se prévaloir d’une aide qui ne leur est pas destinée », a commenté Claude DeBellefeuille dans une lettre envoyée aux médias le 4 janvier alors que le gouvernement avait déjà évoqué sa volonté de changer les règles de la prestation.

La députée de Salaberry-Suroît, explique que de nombreux citoyens, dont plusieurs travailleurs de la santé, ont communiqué avec elle au moment où l’on apprenait une faille à la PCMRE.

« Cette craque, selon l’expression consacrée, permet aux vacanciers admissibles de toucher une prestation de 1000 $, à leur retour d’un voyage non essentiel », lance-t-elle.

Expliquer quelques éléments

Selon elle, la première erreur a été d’adopter trop rapidement ce programme.

« D’abord, évidemment, la PCMRE n’a pas été conçue spécifiquement pour les voyageurs. C’est une mesure mise en place en septembre afin d’aider financièrement les gens en quarantaine ne bénéficiant d’aucun revenu durant cette période. On nous dit : “Tous les partis ont voté pour” ! Oui, mais… La loi prévoyant cette prestation a été votée en toute urgence. En quelques heures et sans étude approfondie, le projet de loi devait être adopté afin d’éviter un trou de service dans les programmes d’aide liés à la COVID. Par ailleurs, ce délai a été imposé par le gouvernement libéral lui-même. Il a décidé de fermer complètement le Parlement, en août, pour se sortir d’un scandale ayant mené à la démission du ministre des Finances. Si le Parlement n’avait pas été prorogé, cette loi aurait pu être étudiée, votée et même appliquée beaucoup plus tôt », avise Claude DeBellefeuille.

Une réaction qui manque de vigueur

Après coup, selon elle, les libéraux ont manqué totalement de vigueur et de compassion lorsqu’ils ont dû réagir.

« Lorsque la faille au programme a été révélée au grand jour, le 2 janvier, la réponse initiale et officielle du cabinet de la ministre fédérale de l’Emploi, la libérale Carla Qualtrough, aurait bien pu être : “Oui, effectivement, il y a une faille, on va y voir, ça n’a pas de sens”. C’est clair, ça fait preuve de modestie – l’erreur est humaine ! – et, surtout, envoie le bon message. Son équipe a plutôt décidé de répondre que si les vacanciers respectent les critères, ils pouvaient obtenir la prestation. C’est une réponse franchement déconnectée », évalue la députée du Bloc Québécois.

Rapidement, son parti a d’ailleurs dénoncé cette posture et a réclamé une modification nécessaire des règles de la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique. Afin d’en exclure les vacanciers. Ce changement  joint les nombreux courriels, appels et messages sur les réseaux sociaux des électeurs.

« En réalité, on ne sait pas dans quelle mesure les vacanciers auraient vraiment utilisé cette prestation. Mais dans le contexte, la simple possibilité de savoir que des vacanciers pourraient recevoir 1000 $ pour respecter une quarantaine après un voyage non essentiel qu’ils ont eux-mêmes choisi d’effectuer malgré les recommandations du gouvernement est odieuse », qualifie-t-elle.