Des employés de la Ville de Châteauguay ont déversé de la neige usée sur l’anneau de glace du parc Billings, le 7 mars, même si cette pratique est interdite par le ministère de l’Environnement.

«C’est la première fois qu’on nous demande de faire quelque chose comme ça», a commenté Stéphane Duguay, président du syndicat des cols bleus de la Ville. Selon lui, trois ou quatre camions auraient déversé leur contenu sur l’anneau de glace du parc Billings. «On n’a pas osé poser de questions, puisqu’on se fait toujours dire de suivre les ordres qui viennent d’en haut», explique M. Duguay.

Mise au fait de la situation par le Soleil de Châteauguay, la mairesse Nathalie Simon a dit ne pas être au courant qu’une telle procédure avait eu lieu. «Ce n’est pas une pratique courante de mettre de la neige usée sur les patinoires, a-t-elle commenté après coup, mais c’en est une de les remplir de neige propre pour empêcher les gens d’aller sur les patinoires en fin de saison. Normalement, la neige est prise autour des sites, mais peut-être qu’en raison du manque de neige cette année, un employé, en voulant bien faire, a pris la décision d’utiliser de la neige usée. Ce n’est pas une pratique qu’on encourage, les employés ont été informés, et ça n’arrivera plus», a-t-elle fait savoir.

Risques de contamination

Selon l’article 22 du règlement sur les lieux d’élimination de neige du gouvernement provincial, les villes ne sont pas autorisées à déposer la neige usée ailleurs que dans un site autorisé. «La neige ramassée dans les rues contient plusieurs types de contaminants et de débris, explique Daniel Messier, porte-parole du ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques l’Environnement (MDDELCC), division Montérégie. Il y a des risques de contamination, notamment avec des huiles, du calcium, du sodium, ou certains métaux provenant de la corrosion des véhicules», énumère-t-il.

Quant aux risques de contamination, le porte-parole estime que si le déversement de neige usée dans le parc Billings ne s’est produit qu’une fois, l’impact devrait être minime, mais que s’il s’agit d’une pratique qui se répète chaque année, les contaminants peuvent s’accumuler dans le sol.

Il a toutefois indiqué qu’aucune mesure ne serait prise contre la Ville puisque celle-ci a rectifié le tir avec les employés concernés et s’est engagée à ne plus recommencer.