C’est un chalumeau servant aux travaux de démantèlement du navire Kathryn Spirit qui est à l’origine de l’incendie qui a mobilisé quelque 75 pompiers de différentes villes le 10 avril, à Beauharnois.
Le directeur du Service de sécurité incendie de cette ville, Jean-Maurice Marleau, explique que les travailleurs qui s’affairaient sur le navire ont appelé les secours. Ce, après que des étincelles provenant d’un chalumeau se soient enflammées au contact de résiduels d’hydrocarbures ancrés dans les parois. «Même si les contaminants sont sortis au fur à mesure qu’ils sont trouvés dans le bateau, les parois restent imbibées» explique-t-il.
Des gicleurs ont depuis été installés aux endroits où s’affairent les travailleurs pour éviter qu’une situation similaire se reproduise. Des plans du bateau «mis à jour» au rythme du démantèlement seront également fournis aux pompiers de Beauharnois afin que ceux-ci soient mieux préparés s’ils ont besoin d’intervenir.
Inquiétudes

Certains pompiers, de même que la députée fédérale néodémocrate Anne Minh-Thu Quach, ont exprimé des inquiétudes quelques jours après l’incendie. Notamment par rapport aux types de contaminants qui se trouvent sur le bateau et aux risques qui en découlent pour les pompiers. «Ils se demandent (les pompiers) ce qu’ils ont respiré» exposait la députée le 16 avril à la Chambre des communes.
Mais selon le chef Marleau, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. «Dans la liste de contaminants potentiels, il y a des BPC, de l’amiante et du mercure, explique-t-il. C’est ce qui a inquiété des pompiers. Mais cette liste a été établie à partir d’un modèle de bateau type, similaire au Kathryn Spirit, justement parce qu’il est impossible d’accéder à tous les compartiments du navire», résume-t-il après s’être entretenu avec les responsables de la Garde côtière. La présence de ces contaminants n’a donc jamais été confirmée, ajoute-t-il. S’il y en avait, la CSST serait ici, car les travailleurs qui font le démantèlement ne pourraient pas travailler là. Une compagnie spécialisée vérifie d’ailleurs régulièrement à l’intérieur du bateau la qualité de l’air», précise-t-il.
Habits de combat souillés
Les habits de combats des pompiers étaient également souillés d’une épaisse couche d’huile brunâtre à la fin de l’intervention, ce qui a aussi contribué à l’inquiétude de certains pompiers. «Mais ce serait la même chose si on intervenait dans un garage automobile, par exemple. Car il y a des huiles, des graisses qui restent imbibées dans les murs, sur le sol» illustre le chef Marleau.

