CAA-Québec demande au gouvernement de pénaliser plus durement les conducteurs pris à texter au volant à répétition.
L’organisme recommande notamment d’augmenter graduellement le nombre de points d’inaptitude punissant cette infraction.
« Mettre l’accent sur les points d’inaptitude, c’est cibler directement le privilège de conduire. Au-delà de la contribution d’assurance qui augmenterait selon le nombre de points accumulés, un conducteur récidiviste reconnu coupable à l’intérieur d’une période définie, pourrait perdre ce privilège. Nous estimons qu’une telle mesure favoriserait une plus grande réflexion qu’une hausse considérable de l’amende », indique dans un communiqué Sophie Gagnon, vice-présidente communications et affaires publiques chez CAA-Québec.
Rendre criminel en cas de décès
CAA-Québec prône aussi de discuter avec le gouvernement fédéral de «la possibilité de rendre criminel l’usage du cellulaire au volant lorsque son utilisation entraîne des blessures graves, voire un décès».
Sensibilisation insuffisante
Les messages de sensibilisation ne suffisent manifestement pas pour enrayer le phénomène, selon CAA-Québec, qui ajoute des statistiques à l’appui :
- Près de 26 % des accidents (soit 1 sur 4) sont causés par l’utilisation du téléphone, y compris avec la fonction mains libres[1].
- Un conducteur qui texte au volant est 23 fois plus susceptible d’être impliqué dans une collision qu’un conducteur attentif[2].
- Les conducteurs qui utilisent leur téléphone au volant ne voient que 50 % de l’information présente dans leur environnement visuel[1].
- De 2011 à 2015, ce sont 124 décès et 686 blessés graves liés à la distraction[3].
Cellulaire comme l’alcool
Pour Mme Gagnon, il faut cesser de «banaliser» le textage au volant comme ce fut le cas de l’alcool au volant dans les années 80. « Que ce soit l’alcool ou les textos au volant, ce sont des comportements socialement répréhensibles et potentiellement fatals. Ces comportements n’ont pas leur place derrière le volant et il faut agir en conséquence. Le jour où l’on a déclaré que ‘‘l’alcool au volant, c’est criminel!‘‘, on a commencé à voir des améliorations », exprime-t-elle.
6 recommandations aux parlementaires
CAA-Québec a présenté, mardi matin, six recommandations, à la Commission des transports et de l’environnement en réponse à un mandat d’initiative sur l’utilisation du cellulaire au volant.
- Entamer un dialogue avec le gouvernement fédéral afin de criminaliser l’utilisation du cellulaire au volant dans le cas d’un accident causant la mort ou des blessures graves ;
- Augmenter le nombre de points d’inaptitude pour les récidivistes afin que leur permis de conduire soit, par exemple, suspendu à la troisième offense en deux ans ;
- Permettre aux policiers de remettre un constat d’infraction pour l’utilisation de tout appareil qui ressemble à un téléphone. Le contraire pourra être démontré en Cour ;
- Accroître la sensibilisation au moyen d’un message commun véhiculé par les corps policiers, la SAAQ, les fournisseurs de service cellulaire, etc.;
- Réglementer les systèmes d’infodivertissement des véhicules. Une étude le démontre clairement, ces systèmes exigent un effort cognitif bien réel pour les utiliser, ce qui constitue une source de distraction préoccupante ;
- Continuer à documenter la possibilité d’utiliser des brouilleurs d’ondes. L’information manque à ce sujet, mais chose certaine, CAA-Québec croit que des appels d’urgence doivent pouvoir être effectués à bord d’un véhicule.
