ENVIRONNEMENT. Une géographe et une biologiste de l’organisme Ambioterra présentent, cet été, le fruit de leurs recherches sur la rivière Châteauguay dans un rapport dont Le Soleil de Châteauguay a obtenu copie.

Priscilla Gareau, biologiste, et Elisabeth Groulx-Tellier, géographe, ont fait l’inventaire du cours d’eau en 2016. Lors de leur travail sur le terrain, elles ont constaté que l’«espèce exotique envahissante», le gobie à taches noires, était présent dans la rivière Châteauguay à la hauteur de la Ville du même nom. Elles ont effectué un inventaire du 25 août au 7 octobre 2016 par des pêches exploratoires à différents endroits du bassin versant. Au fil de leurs analyses, elles ont pu observer que les barrages ont contribué à freiner la propagation de ce prédateur. «On pense que les barrages sont des obstacles infranchissables qui l’empêchent de migrer. C’est une bonne nouvelle», mentionne Elisabeth Groulx-Tellier. Bien que les quatre barrages (Huntingdon, Dewitville, Sainte-Martine et Châteauguay) présents sur la Châteauguay fragmentent les populations d’espèces de poissons indigènes, ces obstacles peuvent parfois être bénéfiques. «Ils peuvent servir de protection contre l’arrivée de nouveaux compétiteurs ou prédateurs, notamment des espèces exotiques indésirables», mentionne le Groupe Ambioterra dans son rapport.

Les chercheuses ont répertorié près de 76 espèces, constituant une belle variété, selon ces dernières.

Fertilisants et engrais

Beaucoup de fertilisants et d’engrais proviennent des rivières Esturgeons et des Anglais en bordure des terres agricoles qui se déversent dans la rivière. Ces éléments contribuent à la prolifération des algues bleues et l’envasement des habitats aquatiques. La solution d’ajout de bandes riveraines est proposée par ces professionnelles. Elles font mention du pouvoir qu’ont les municipalités de mettre sur pied des programmes pour reboiser les bordures de la rivière dans le but d’améliorer la qualité de l’eau.

Eespèces menacées

Le fouille-roche gris et le dard de sable sont des petits poissons d’eau douce classés comme menacés par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et inscrites à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril par le gouvernement du Canada. Ces variétés sont de bons indicateurs de la qualité de l’eau et des habitats aquatiques, selon le Groupe Ambioterra. Par ces actions, l’organisme non gouvernemental dédié à la protection de l’environnement tente de protéger ces populations et les milieux aquatiques où elles se trouvent par divers moyens scientifiques, d’intendance, de sensibilisation et de réseautage entre les intervenants du territoire depuis 2009.

Le document intitulé Inventaire ichtyologique et caractérisation de l’habitat du poisson – Rivière Châteauguay a récemment été présenté aux MRC concernées et aux principaux bailleurs de fonds de cette étude. Ambioterra croit que les données démontrées vont aider à orienter le schéma d’aménagement du territoire des MRC.

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